La date de 586 avant notre
ère est basée essentiellement sur ce
qu’on appelle
le “canon
de Ptolémée”(1) qui
attribue à la dynastie babylonienne une durée
totale de
87 années commençant avec Nabopolassar
et se
terminant avec Nabonide, à la chute de Babylone en
539 avant notre ère. Selon ce canon, les cinq rois
ayant
régné durant cette période
sont :
Nabopolassar (21 ans), Nébucadnetsar
(43 ans),
Évil-Mérodac (2 ans),
Nériglissar
(4 ans) et Nabonide (17 ans). Selon le nombre
d’années de règne ainsi
attribué à
chaque monarque, la dévastation de Jérusalem
durant la
dix-huitième année du règne de
Nébucadnetsar (la dix-neuvième comptée
à
partir de son “année
d’accession” au
trône) aurait eu lieu en l’an 586 avant
notre
ère. — II Rois 25:8 ;
Jér. 52:29.
Ainsi, en raison même de son but, ce canon ne permet pas d’établir des dates absolues. Il n’y a aucun moyen d’être sûr que le nombre d’années de règne attribué par Ptolémée aux différents rois soit exact. Par exemple, alors que Ptolémée attribue à Évil-Mérodac un règne de deux ans seulement, Polyhistor indique douze années. En outre, on ne peut être certain que cinq rois seulement aient régné durant cette période. Par exemple, à Borsippa, on a trouvé des noms de rois babyloniens qui ne se retrouvent nulle part ailleurs. Cependant, quelqu’un dira peut-être : “N’y a-t-il pas une ancienne tablette astronomique, dite ‘VAT 4956’, donnant pour la trente-septième année de Nébucadnetsar exactement la même date que le canon de Ptolémée ?” Il ne faut pas oublier que la source de preuves complémentaires doit offrir des marques de crédibilité. Est-ce le cas du “VAT 4956” ? En réalité, non. Il ne s’agit pas d’un texte original, et il présente de nombreuses lacunes. Certains de ses termes n’ont même pas encore pu être compris. À deux reprises dans le texte, on rencontre la remarque hi-bi (qui signifie “interrompu, effacé”). Le scribe reconnaissait donc travailler à partir d’une copie défectueuse. Malgré ces problèmes, même si les renseignements astronomiques sont conformes à l’original, cela ne prouve pas l’exactitude des dates historiques. Tout comme Ptolémée utilisa les règnes des anciens rois (selon ce qu’il en savait) uniquement comme d’un canevas dans lequel il inséra des dates astronomiques, de même le copiste du “VAT 4956”, se conformant à la chronologie acceptée à son époque, a pu introduire la ‘trente-septième année de Nébucadnetsar’. Comme l’ont admis les savants allemands Neugebauer et Weidner (les traducteurs de ce texte), le scribe a vraisemblablement changé les mots pour se conformer aux abréviations courantes à son époque. Mais il n’a été ni fidèle ni exact. Il a donc pu tout aussi facilement introduire d’autres renseignements contribuant à réaliser ses desseins. Ainsi, le canon de Ptolémée et le texte “VAT 4956” ont très bien pu avoir la même origine fondamentale et renfermer les mêmes erreurs. À l’inverse du canon de Ptolémée et du texte “VAT 4956”, nous avons le témoignage unanime de Jérémie, de Zacharie, de Daniel et du rédacteur du deuxième livre des Chroniques, indiquant que Juda et Jérusalem sont restés dévastés durant soixante-dix ans. Des milliers d’anciennes copies manuscrites de ces écrits renferment le même témoignage. En raison des problèmes que posent le canon de Ptolémée et le texte “VAT 4956”, il faut donc beaucoup plus de foi pour accepter ceux-ci qu’il n’en faut pour accepter le témoignage de la Bible qui indique que la dévastation de Jérusalem par les Babyloniens eut lieu en l’an 607 avant notre ère. |

| “ Seuls de simples fragments, des extraits ou des traces nous sont parvenus. En outre, les plus importants de ces fragments nous ont été transmis par une tradition pratiquement sans parallèle. Aujourd’hui, il nous faut consulter une traduction moderne en latin d’une traduction arménienne de l’original grec perdu de la chronique d’Eusèbe. Celui-ci, de son côté, emprunta en partie à Alexandre Polyhistor qui s’inspira de Bérose, et en partie à Abydenus, lequel puisa apparemment dans les œuvres de Juba qui avait emprunté à Alexandre Polyhistor, donc à Bérose. Pour accroître la confusion, Eusèbe, dans certains cas, n’a pas compris qu’Abydenus ne faisait que répéter plus ou moins exactement les pensées de Polyhistor et a cité côte à côte les récits des deux historiens. Il y a pire. Bien que le récit emprunté à Polyhistor soit préférable, Eusèbe semble s’être servi d’un manuscrit de mauvaise qualité de cet auteur. ” (Assyrian Historiography, p. 62, 63). |
| La
Bible rapporte que
Sennakérib, roi d’Assyrie, fut
assassiné par 2
de ses fils,
Adrammélek et Sharétser, et qu’un
autre,
Ésar-Haddôn, lui succéda sur le
trône (2Rois
19:36, 37). Or, une chronique
babylonienne
déclare que le 20e jour de
Tébeth, Sennakérib fut tué par son
fils qui
s’était révolté contre lui. Bérose,
prêtre babylonien du IIIe siècle
av. n. è., comme Nabonide,
roi babylonien du VIe siècle
av. n. è.,
racontent eux aussi dans leurs annales que Sennakérib fut
assassiné par un
seul de ses fils.
Cependant, Ésar-Haddôn, qui succéda
à son
père, Sennakérib, spécifie nettement
sur un
fragment découvert plus récemment du prisme qui
porte son
nom, que ses frères (au pluriel) se
révoltèrent
contre leur père et le tuèrent, après
quoi ils
s’enfuirent. À ce propos, Philip Biberfeld
(Universal
Jewish History, 1948, vol. I, p. 27) fait ce
commentaire : “ La
Chronique
babylonienne, Nabonide et Bérose se trompaient ; seul le
récit biblique se
révéla exact.
Il a été confirmé dans les moindres
détails
par l’inscription
d’Ésar-Haddôn et, concernant
cet événement de l’histoire
assyro-babylonienne, il
s’est révélé plus exact que
les sources
babyloniennes elles-mêmes. C’est là un
fait
d’une extrême importance pour apprécier
la valeur de
sources pourtant contemporaines aux événements
qu’elles relatent quand elles sont en désaccord
avec la
tradition biblique. ” (c'est moi qui souligne) |