J’annonce des choses nouvelles. Avant qu’elles ne se mettent à germer, je vous les fais entendre. ” — Isaïe 42:9.


Pourtant, tout le monde ne semble pas de cet avis. Voyez plutôt:

Les recherches philologiques démontreraient même que la plupart de ces prophéties ont été écrites à la même époque où se « réalisaient » les prophéties *
En raison des prophéties que le livre d’Isaïe contient, certains biblistes ont contesté son authenticité (à partir du XIIe siècle de notre ère).
Dans son commentaire d’Isaïe [Abraham Ibn Ezra] déclare que la deuxième moitié, à partir du chapitre 40, fut l’œuvre d’un prophète qui vécut durant l’exil babylonien et le début du Retour à Sion
selon l’Encyclopaedia Judaica
Ils en concluent que celui qui coucha par écrit la deuxième partie d’Isaïe dut le faire à cette période, au VIe siècle avant notre ère.
Aux XVIIIe et XIXe siècles, Johann Christoph Doederlein, théologien allemand publia son œuvre exégétique sur Isaïe en 1775, et une seconde édition en 1789
Hormis les plus conservateurs, tous les biblistes acceptent à présent l’hypothèse avancée par Doederlein [...] selon laquelle les prophéties contenues dans les chapitres 40-66 du livre d’Isaïe ne sont pas les paroles du prophète Isaïe du VIIIe siècle, mais datent de plus tard.
New Century Bible Commentary

Mais ce n'est pas tout!

La remise en question de l’authenticité d’Isaïe ne s’est pas arrêtée là. La théorie concernant un second Isaïe (ou Deutéro-Isaïe) a donné naissance à l’idée qu’un troisième rédacteur (le Trito-Isaïe) ait pu intervenir. Le livre d’Isaïe a dès lors été disséqué par le menu : un bibliste attribue les chapitres 15 et 16 à un prophète inconnu, et un autre met en cause l’authenticité des chapitres 23 à 27. Un autre encore affirme qu’Isaïe ne put écrire les paroles qui figurent aux chapitres 34 et 35. Pour quelle raison ? Parce que leur contenu ressemble étrangement à celui des chapitres 40 à 66, qui déjà ont été attribués à quelqu’un d’autre qu’à l’Isaïe du VIIIe siècle !
De telles affirmations ne sont pas sans conséquences. Elles remettent en cause la véracité du livre d'Ésaïe dans son ensemble. De plus, ce livre faisant parti des Saintes Écritures, celles-ci dans leur ensemble deviennent suspectes. S'il était effectivement démontré qu'elles contiennent des textes écrits par des imposteurs elles perdraient toute leur autorité.

Qu'en est-il donc?

Les chrétiens du Ier siècle voyaient dans ce livre l’œuvre d’un seul rédacteur. Luc, par exemple, parle d’un fonctionnaire éthiopien qui lisait la portion qu’on trouve aujourd’hui en Isaïe chapitre 53, la portion précisément que les critiques modernes attribuent au Deutéro-Isaïe.
Pourtant, Luc déclare que l’Éthiopien “ lisait à haute voix le prophète Isaïe ”. — Actes 8:26-28.
Dans son Évangile, Matthieu explique que le ministère de Jean le baptiseur accomplit les paroles prophétiques renfermées aujourd’hui en Isaïe 40:3. À qui Matthieu attribue-t-il cette prophétie ? À un Deutéro-Isaïe inconnu ? Non. Il identifie le rédacteur simplement à “ Isaïe le prophète ”. (Matthieu 3:1-3.)
Dans les récits parallèles, Marc, Luc et Jean emploient la même expression. — (Marc 1:2 ; Luc 3:4 ; Jean 1:23.)
Un autre jour, Jésus lut dans un rouleau les paroles qu’on trouve actuellement en Isaïe 61:1, 2. Dans son récit, Luc précise : “ On lui remit alors le rouleau du prophète Isaïe. ” (Luc 4:17)
Dans sa lettre aux Romains, Paul n’insinue à aucun moment que le rédacteur des passages qu'il mentionne n'ait été qui que ce soit d’autre qu’une même personne, Isaïe (Romains 9:27, 29; 10:16, 20 ; 15:12).
Et les disciples s’avancèrent et lui dirent : “ Pourquoi leur parles-tu en te servant d’exemples ? ” En réponse il [Jésus] dit : [...] C’est pourquoi je leur parle en utilisant des exemples, parce que, regardant, ils regardent en vain, et entendant, ils entendent en vain, et ils n’en saisissent pas non plus le sens ; et à leur égard s’accomplit la prophétie d’Isaïe ... Matthieu 13:10-14 (c'est moi qui souligne)

De toute évidence donc, ni Jésus ni les chrétiens du Ier siècle ne croyaient que le livre d’Isaïe soit l’œuvre de deux, trois écrivains ou davantage.

Considérons encore le témoignage des Rouleaux de la mer Morte, des documents anciens, dont beaucoup sont antérieurs à l’époque de Jésus. Un manuscrit d’Isaïe, qu’on appelle le Rouleau d’Isaïe, daté du IIe siècle avant notre ère, réfute l’affirmation des critiques selon laquelle un Deutéro-Isaïe aurait repris la rédaction au chapitre 40. Comment cela ?
Dans ce document antique, ce qui est aujourd’hui le chapitre 40 commence à la dernière ligne d’une colonne et la première phrase du chapitre se termine à la colonne suivante. Manifestement, rien ne donnait à penser au copiste qu’à cet endroit l’auteur changeait ou que le livre passait à une autre partie.
L'historien juif du Ier siècle, Flavius Josèphe affirme non seulement que les prophéties d’Isaïe relatives à Cyrus furent écrites au VIIIe siècle avant notre ère, mais encore que Cyrus les connaissait, ce qui prouve qu'elles étaient déjà écrites et disponibles. “
This was known to Cyrus by his reading the book which Isaiah left behind him of his prophecies; [...]  Accordingly, when Cyrus read this, and admired the Divine power, an earnest desire and ambition seized upon him to fulfill what was so written
Jewish Antiquities, Book XI, chapter 1, paragraph 2
(paragraph 1 & 2 in full)
Cyrus connaissait ces prédictions car il avait lu le livre des prophéties qu’avait laissé Isaïe; [...]
Lorsqu'il en pris connaissance, Cyrus fut admiratif devant cette puissance divine, un ardent désir et l’ambition d’accomplir ce qui était écrit le saisit
Celà est suffisant en soit pour réfuter les affirmations selon lesquelles Isaïe (ou l'un des Isaïe) aurait été contemporain de Cyrus et aurait attendu que des évènements arrivent pour les coucher par écrit et les taxer faussement de prophéties. Mais ce n'est pas tout! D'autres faits réfutent catégoriquement les accusations portées contre ce livre...

Les prophéties d'Isaïe: Problème insoluble pour les critiques. Pourquoi? (lire la suite)