Les
recherches philologiques démontreraient même que la plupart
de ces prophéties ont été écrites à
la même époque où se « réalisaient »
les prophéties *
En
raison des prophéties que le livre d’Isaïe contient, certains
biblistes ont contesté son authenticité (à partir
du XIIe siècle de notre ère).
| Dans son commentaire d’Isaïe [Abraham
Ibn Ezra] déclare que la deuxième moitié, à
partir du chapitre 40, fut l’œuvre d’un prophète
qui vécut durant l’exil babylonien et le début du
Retour à Sion
selon l’Encyclopaedia Judaica |
| Hormis les plus conservateurs, tous les
biblistes acceptent à présent l’hypothèse avancée
par Doederlein [...] selon laquelle les prophéties
contenues dans les chapitres 40-66 du livre d’Isaïe ne sont pas les
paroles du prophète Isaïe du VIIIe siècle, mais datent
de plus tard.
New Century Bible Commentary |
Mais ce n'est pas tout!
La
remise en question de l’authenticité d’Isaïe ne s’est pas arrêtée
là. La théorie concernant un second
Isaïe (ou Deutéro-Isaïe) a donné naissance
à l’idée qu’un troisième
rédacteur (le Trito-Isaïe) ait pu intervenir. Le livre d’Isaïe
a dès lors été disséqué par le menu
: un bibliste attribue les chapitres 15 et 16 à un prophète
inconnu, et un autre met en cause l’authenticité des chapitres 23
à 27. Un autre encore affirme qu’Isaïe ne put écrire
les paroles qui figurent aux chapitres 34 et 35. Pour quelle raison ? Parce
que leur contenu ressemble étrangement à celui des chapitres
40 à 66, qui déjà ont été attribués
à quelqu’un d’autre qu’à l’Isaïe du VIIIe siècle
!
De
telles affirmations ne sont pas sans conséquences. Elles remettent
en cause la véracité du livre d'Ésaïe dans son
ensemble. De plus, ce livre faisant parti des Saintes Écritures,
celles-ci dans leur ensemble deviennent suspectes. S'il était effectivement
démontré qu'elles contiennent des textes écrits par
des imposteurs elles perdraient toute leur autorité.
Qu'en est-il donc?
Les
chrétiens du Ier siècle voyaient
dans ce livre l’œuvre d’un seul rédacteur. Luc, par exemple, parle
d’un fonctionnaire éthiopien qui lisait la portion qu’on trouve
aujourd’hui en Isaïe chapitre 53, la portion précisément
que les critiques modernes attribuent au Deutéro-Isaïe.
Pourtant, Luc déclare que l’Éthiopien
“ lisait à haute voix le prophète Isaïe
”. — Actes 8:26-28.
Dans
son Évangile, Matthieu explique que le ministère de Jean
le baptiseur accomplit les paroles prophétiques renfermées
aujourd’hui en Isaïe 40:3. À qui Matthieu attribue-t-il cette
prophétie ? À un Deutéro-Isaïe inconnu ? Non.
Il identifie le rédacteur simplement à “ Isaïe
le prophète ”. (Matthieu
3:1-3.)
Dans les récits parallèles, Marc,
Luc et Jean emploient la même expression. — (Marc
1:2 ; Luc 3:4 ; Jean 1:23.)
Un
autre jour, Jésus lut dans un rouleau les paroles qu’on trouve actuellement
en Isaïe 61:1, 2. Dans son récit,
Luc précise : “ On lui remit alors le rouleau du prophète
Isaïe. ” (Luc 4:17)
Dans
sa lettre aux Romains, Paul n’insinue à aucun moment que le rédacteur
des passages qu'il mentionne n'ait été qui que ce soit d’autre
qu’une même personne, Isaïe (Romains
9:27, 29; 10:16, 20 ; 15:12).
Et
les disciples s’avancèrent et lui dirent : “ Pourquoi leur parles-tu
en te servant d’exemples ? ” En réponse il [Jésus]
dit
:
[...] C’est pourquoi je leur parle en utilisant des exemples,
parce que, regardant, ils regardent en vain, et entendant, ils entendent
en vain, et ils n’en saisissent pas non plus le sens ; et à leur
égard s’accomplit la prophétie d’Isaïe
... Matthieu 13:10-14
(c'est moi qui souligne)
De toute évidence donc, ni Jésus ni les chrétiens du Ier siècle ne croyaient que le livre d’Isaïe soit l’œuvre de deux, trois écrivains ou davantage.
Considérons
encore le témoignage des Rouleaux de la mer Morte, des documents
anciens, dont beaucoup sont antérieurs à l’époque
de Jésus. Un manuscrit d’Isaïe, qu’on appelle le Rouleau d’Isaïe,
daté du IIe siècle avant
notre ère, réfute l’affirmation des critiques selon laquelle
un Deutéro-Isaïe aurait repris la rédaction au chapitre
40. Comment cela ?
Dans ce document antique, ce qui est aujourd’hui
le chapitre 40 commence à la dernière ligne d’une colonne
et la première phrase du chapitre se termine à la colonne
suivante. Manifestement, rien ne donnait à penser au copiste qu’à
cet endroit l’auteur changeait ou que le livre passait à une autre
partie.
L'historien
juif du Ier siècle, Flavius Josèphe
affirme non seulement que les prophéties d’Isaïe relatives
à Cyrus furent écrites au VIIIe
siècle avant notre ère, mais encore que Cyrus
les connaissait, ce qui prouve qu'elles étaient déjà
écrites et disponibles. “
| This
was known to Cyrus by his reading the book which Isaiah left behind him
of his prophecies; [...] Accordingly, when Cyrus read
this, and admired the Divine power, an earnest desire and ambition seized
upon him to fulfill what was so written
Jewish Antiquities, Book XI, chapter 1, paragraph 2 (paragraph 1 & 2 in full) |
Cyrus connaissait
ces prédictions car il avait lu le livre des prophéties qu’avait
laissé Isaïe; [...]
Lorsqu'il en pris connaissance, Cyrus fut admiratif devant cette puissance divine, un ardent désir et l’ambition d’accomplir ce qui était écrit le saisit |
Les prophéties
d'Isaïe: Problème insoluble pour les critiques. Pourquoi?
(lire la suite)