Refus de l'administration pénitentaire d'accorder aux ministres aux ministres Témoins de Jéhovah le statut d'aumônier des prisons
Lu sur lepost.fr
Aumôniers Témoins de Jéhovah : une histoire sans fin ?
03/03/2011 à 14h17 - mis à jour le 04/03/2011 à 11h43

Le débat sur le statut légal des Témoins de Jéhovah en France revient à l'actualité, avec les récentes décisions de juridictions administratives favorables à la demande de la dénomination chrétienne d'obtenir le statut d'aumôniers des prisons pour ses ministres du culte.

Le dernier jugement a été rendu cette semaine par le Tribunal administratif de Lille (1), qui a rappelé que « la République assure la liberté de conscience », et qu'en conséquence « le respect de la liberté de culte en milieu carcéral repose sur la possibilité offerte à chaque détenu de s’entretenir individuellement avec un aumônier du culte ».

Pourtant, alors que les juridictions administratives ne cessent d’annuler les décisions injustifiées des services pénitentiaires, la Chancellerie s’obstine dans son refus discriminatoire.

Tous les prétextes sont bons pour pour entraver l’assistance spirituelle de détenus, qui choisissent de faire appel à un témoin de Jéhovah :

- Déjà, lorsqu’un fidèle a demandé l’agrément en tant qu’aumônier des prisons, le directeur régional des services pénitentiaires de Paris n’a même pas répondu et a refusé de justifier sa position plus tard : d’où l’annulation par le Tribunal administratif de Paris (2) de la décision implicite « entachée d’illégalité ».

- Ensuite, l’Association cultuelle les Témoins de Jéhovah de France a écrit au Garde des Sceaux pour obtenir une reconnaissance officielle sans obtenir de réponse. Devant le Tribunal administratif de Paris (3), celui-ci a avancé que les Témoins de Jéhovah ne figurent pas sur « la liste limitative des cultes reconnus et officiellement autorisés telle qu’arrêtée par la circulaire ministérielle du 18 décembre 1997 relative à la nomination des aumôniers indemnisés des établissements pénitentiaires ». Le juge a rejeté cet argument erroné au regard du droit.

- Même les simples visites au parloir ont parfois été interdites, sous prétexte qu’elles n’étaient pas de nature à favoriser l’insertion sociale du détenu, en se référant à la qualification de mouvement sectaire par un rapport de la Miviludes. Le Tribunal administratif de Limoges (4) a estimé la justification insuffisante.

- Plus récemment, le faible nombre de personnes incarcérées qui pourraient réclamer un aumônier habilité par les Témoins de Jéhovah a été invoqué pour justifier de nouveaux refus. Le Tribunal administratif de Paris (5) et celui de Lille (6) ont rejeté cette condition d’agrément non prévue par la législation.

Quel sera le prochain prétexte pour s’opposer à l’application impartiale du droit français ? Car, malgré ces jugements limpides des tribunaux administratifs, la confirmation en cour d’appel (7) pour certains d’entre eux, l’intervention de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Égalité (8), la Chancellerie n’entend toujours pas raison : « Il n’y a pas de raison que les Témoins de Jéhovah aient des aumôniers spécifiques dans les prisons. » (9) Suite aux récents jugements de la juridiction lilloise, elle se montre plus réservée tout en restant sur ses positions, puisqu’elle annonce seulement prendre « acte de cette décision et va l’analyser pour en tirer les conséquences » (10).

Hélas, à chaque fois, le juge administratif se contente d’annuler la décision illégale et de demander le réexamen de la demande. Comme le regrette Jean-Marie Woehrling, président de tribunal administratif, dans la revue Société, Droit & Religion (CNRS) :

« L’administration pourra donc traîner les pieds, refuser une nouvelle fois l’agrément sollicité et retarder de quelques années l’octroi de ce qui aujourd’hui déjà apparaît comme un droit. » (11)

Selon lui, le juge administratif pourrait utiliser son pouvoir d’injonction prévu par la loi du 8 février 1995, en interrogeant l’administration sur les éventuels arguments supplémentaires et en enjoignant la délivrance de l’acte demandé si ces derniers ne sont pas valables.

Le Collège de la HALDE a pourtant clairement recommandé dans son avis (8) au Garde des Sceaux « de rendre possible les pratiques cultuelles en milieu carcéral sur des critères objectifs et de les mettre en œuvre de façon effective au sein des établissements pénitentiaires, sans autre limite que celles imposées par la sécurité et le bon ordre de l’établissement ».

En fait, l’avocat défendant les Témoins de Jéhovah, Me Philippe Goni, explique que la Miviludes est responsable de ces difficultés rencontrées par ses clients :

« L’état de droit n’est pas respecté car il y a une pression constante de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, qui entretient les fantasmes sur les Témoins, plaide-t-il. Ceux-ci n’ont donc pas d’autre moyen que la voie judiciaire pour obtenir la reconnaissance de leurs droits. » (12)

Le ministère de l’Intérieur a résumé le débat opposant les Témoins de Jéhovah au ministère de la Justice ainsi : « La question n’est pas de savoir si nous reconnaissons ou non un culte : nous n’en reconnaissons aucun. Mais, dès lors que le Conseil d’État a à plusieurs reprises confirmé le statut d’association cultuelle des Témoins de Jéhovah, que ces derniers ne troublent pas l’ordre public, il y a dorénavant une vraie question que va devoir trancher la chancellerie. » (13)


Notes :
(1) AFP, 28 février 2011 ; Europe 1, 28 février 2011 ; Le Journal du Dimanche, 28 février 2011 ; AFP, 1er mars 2011 ; Midi libre, 1er mars 2011 ; La Voix du Nord, 1er mars 2011 ; 20 minutes, 1er mars 2011, édition de Lille ; La Voix du Nord, 2 mars 2011 ; Nord éclair, 2 mars 2011 ; La Croix, 2 mars 2011 ; 20 minutes, 2 mars 2011 ; L'Union, 4 mars 2011.

(2) Tribunal administratif de Paris, 6 juillet 2007, n° 0613454/7, M. Alfred B.

(3) Tribunal administratif de Paris, 6 juillet 2007, n° 0613450, Association cultuelle les Témoins de Jéhovah de France. Actualité Juridique Droit Administratif, 5 novembre 2007, n° 38, pp. 2097-2099. Rapport annuel 2007, Halde, pp. 180, 181.

(4) Tribunal administratif de Limoges, 16 octobre 2008, n° 0700710.

(5) Tribunal administratif de Paris, 21 juin 2010, n° 0814387, M. Rémy S.

(6) Tribunal administratif de Lille, 4 février 2011. Communiqué du Tribunal administratif de Lille, 28 février 2011.

(7) Cour administrative d’appel de Bordeaux, 20 octobre 2009, n° 08BX03245. Actualité Juridique Droit Administratif, 15 février 2010, pp. 272-277.

(8) HALDE, délibération n° 2010-43, 22 février 2010.

(9) Le Monde, 29 mai 2010, p. 12.

(10) AFP, 1er mars 2011.

(11) Société, Droit & Religion, n° 1, 2010, p. 99, 100.

(12) Nord éclair, 2 mars 2011.

(13) La Croix, 25 juin 2010, p. 8.

Lu sur lepost.fr

Aumôniers Témoins de Jéhovah autorisés en prison , la dérive sectaire change de camp !!!

...

Alors que Le tribunal administratif de Lille (TA) a statué contre l'administration pénitentiaire qui refusait d'accorder à des aumôniers Témoins de Jéhovah l'autorisation de visiter en prison les détenus qui en font la demande,un rapport de Mr Fenech est consultable en ligne sur le site de La Documentation Française :


http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/084000443/index.shtml


En France, pays des droits de l’homme, Mr Fenech,président de la MIVILUDES, déclare dans un de ses rapports :

« …Il appelle à protéger l'administration pénitentiaire du risque de prosélytisme sectaire, ainsi qu'à promouvoir le rôle des associations de victimes… »

EN ITALIE

Un article paru dans la presse italienne, le 4 janvier 2008, avait pour titre : « Ancien Mafieux "éclairé" devient  Témoin Jéhovah »


Cet article mettait l’accent sur le fait que depuis 1976, les ministres du culte, Témoins de Jéhovah, étaient autorisés par l'État à fournir une assistance  spirituelle dans les quelques 200 instituts de prisons présents sur le territoire Italien.

Quels en ont été les résultats ???

Cet article se poursuivait ainsi :
 «  Merci à l'oeuvre d'évangélisation des Témoins de Jéhovah accomplie à l'intérieur et l'extérieur des prisons, car en Italie plus de 1600 personnes qui ont eu des problèmes avec la justice ont été entièrement récupérés. Certains d’entre eux   étaient des voleurs, des trafiquants de drogue, des tueurs et mêmedes terroristes.
 Toutes ces personnes maintenant ont un emploi et une famille et mènent une vie respectable…
 ..Entre autres choses ces ministres font ce travail gratuitement, prennent personnellement en charge tous les frais. Ils Refusent la subvention qui est habituellement donnée aux ministres des autres religions qui visitent la prison. Les Ministres du culte des Témoins de Jéhovah  ne demandent pas une somme d'argent, même pour la célébration de mariages, de funérailles ou pour toute fonction religieuse, parce que ils travaillent, et peuvent avoir une famille comme tous les autres fidèles ».

(voir également: L'ancien patron Piperis devient un témoin de Jéhovah. Aujourd'hui, le baptême par immersion dans le pénitencier de Viterbe et Bari - Boss de la pègre est converti)

Ainsi donc, si cette cette proposition éclairée de Mr Fenech,« de protéger l'administration pénitentiaire du risque de prosélytisme sectaire »  avait été suivie par la justice Française, celle ci aurait eu pour résultat, que  dans les prisons de notre beau Pays, cette dérive "sectaire" des Témoins de Jéhovah, qui consiste à ramener des anciens voyous sur le droit chemin n’aurait jamais vu le jour !!!

Merci à M Fénech de nous sortir des rapports pour nous dire le contraire de ce qu il faut  faire!!!

Une vidéo pour en savoir plus sur cette affaire:

http://www.jehovah-actu.com/2011/03/une-video-sur-laffaire-des-aumoniers-un.htm


Réponses de D. Forget à certains commentaires contre les Témoins de Jéhovah sur ce sujet
Certains parlent de risques de prosélytisme sectaire envers les personnes fragiles ? Les Témoins de Jéhovah ne vont pas faire du " porte à porte " dans les prisons. Ils veulent seulement pouvoir rencontrer les personnes qui en font expressément la demande avec la Bible, ce qui ne leur est pas permis sans ce statut officiel.

Les Témoins de Jéhovah ne seraient pas si vertueux que çà, pour avoir des fidèles en prison ? Premièrement, il peut s'agir simplement de sympathisants non pratiquants, qui préfèrent discuter avec un Témoin de Jéhovah qu'un aumônier catholique ou musulman. Deuxièmement, ces chrétiens ne se prétendent pas parfaits : certains peuvent commettre des fautes. Et puis, il est arrivé que des nouveaux convertis se dénoncent pour des crimes commis avant leur connaissance des lois de Dieu. Enfin, le prétexte pour refuser cette reconnaissance est que le nombre de détenus qui pourraient faire appel aux Témoins de Jéhovah est trop faible par rapport aux autres religions : qui serait donc le plus à blâmer alors ???

accueil
<  Retour