LE MONDE | 19.02.2002 | 13h18

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Dans son rapport annuel, rendu public mardi 19 février, la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS) concentre ses critiques sur les médecines alternatives et les psychothérapeutes.
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A propos des Témoins de Jéhovah et de leur refus d'accepter la transfusion sanguine pour se soigner, le rapport rappelle la décision du Conseil d'État en date du 26 octobre 2001, estimant que des médecins n'avaient pas commis de faute en transfusant un malade contre son gré (Le Monde du 29 octobre 2001). La MILS met en évidence les ambiguïtés qui ressortent des documents internes de l'organisation des Témoins de Jéhovah : l'un affirmant qu'"il appartient à chacun de se déterminer en conscience devant Dieu", en matière de transfusion ; un autre affirmant qu'un adepte qui accepte volontairement une transfusion "indique par ses propres actes qu'il ne souhaite plus être un des Témoins de Jéhovah". Cependant, la MILS continue de prôner un "dialogue" avec cette organisation, qu'elle range dans les mouvements "qui ne peuvent être assimilés à des sectes absolues, mais dont certains aspects du comportement sont inacceptables dans la mesure où ils remettent en cause des droits fondamentaux de la personne humaine"

Xavier Ternisien

Aujourd'hui est une très belle journée. Vous venez d'épouser la personne avec qui vous souhaitez passer le reste de vos jours.
Cela fait un bon moment que vous vous connaissez.
Au début, vous avez cherché à faire sa connaissance. 
Vous trouviez ses qualités et sa personnalité attirantes et bien que tout à fait conscient(e) de ses imperfections vous saviez que c'était le conjoint qu'il vous fallait.
Évidemment vous saviez bien que la vie d'une personne mariée comporte des responsabilités supplémentaires voire même des contraintes que ne connaissent pas les célibataires mais vous avez librement pris la décision de les assumer.

Puis ce jour tant attendu est enfin arrivé.
Vous vous êtes unis pour le meilleur et pour le pire.
Dans votre tête raisonnent encore avec délice toutes les promesses que vous avez fait à votre conjoint.
Vous avez juré de l'aimer, vous lui avez juré fidélité, de prendre soin de lui (d'elle) jusqu'à ce que la mort vous sépare etc...

Lorsque vous avez fait ces promesses à votre conjoint, aviez vous l'impression que celui-ci était en train de vous priver de liberté? Jamais de la vie!
Vous allez maintenant vivre ensemble non pas contraint et forcé mais par choix mutuel.
Si dans l'avenir l'un de vous rompait ces promesses concernant la fidélité conjugale et que l'autre l'apprenne que se passerait-il?
Celui des deux qui à été trompé ne serait-il pas en droit de considérer que par ses actes adultères l'autre a brisé leur union?  Si le conjoint trompé souhaite divorcer et ne plus vivre avec son conjoint volage, L'accusera-t-on de restreindre sa liberté ou de faire pression sur lui ? (voir Mat 5:32)

Est-il ambigu de dire que l'un et l'autre vivaient ensemble en toute liberté puis d'ajouter que, pour le conjoint trompé, l'adultère est comme une trahison, une rupture des promesses prononcées lors du mariage et qu'il considère que leur union est terminée?



De la même manière, tous ceux qui souhaitent devenir Témoin de Jéhovah connaissent avant même de se faire baptiser les obligations qui découlent de ce choix.

Tous, commencent tout d'abord par apprendre en détail les enseignements bibliques fondamentaux, et ensuite les anciens de la congrégation passent en revue ces enseignements avec chaque candidat au baptême.
Pourquoi?
Précisément pour s'assurer qu'il désire réellement et personnellement épouser les vues des TJ sur les questions bibliques importantes, étant convaincu qu'il s'agit de la vérité révélée dans les écritures et qu'il connaît les implications que sa conduite peut avoir avant de lui permettre de se faire baptiser.

Si la personne n'est pas d'accord avec la position des TJ sur ces questions, c'est son droit le plus strict. Le fait est que des millions de gens ont étudié la Bible avec les Témoins de Jéhovah, mais tous ne sont pas devenus Témoins.

Chaque Témoin à donc pris librement la décision personnelle et en conscience devant Dieu d'adopter cette position à l'égard du sang.
La Tour de Garde (organe officiel des Témoins de Jéhovah) datée du 15/03/98 p22 rappelait à juste titre:

Si un Témoin prend des décisions en tenant compte des conseils bibliques donnés par le collège central, il le fait de son plein gré parce que son étude individuelle de la Bible l'a convaincu qu'il s'agit là de la bonne conduite à adopter. Chaque Témoin est conscient que les décisions qu'il prendra influenceront ces relations qui le lient personnellement avec Dieu
Ensuite quand elle est vouée à Dieu par le baptême, on s'attend à ce qu'elle continue de vivre en accord avec son voeu. (Ecclésiaste 5:4, 5)

Le Témoin qui accepterait délibérément la transfusion montrerait par cet acte qu'il rejette maintenant ses anciennes croyances. Le fait que certains le fassent démontre qu'aucune pression n'est exercée sur les Témoins qui se trouvent face à cette éventualité.




Ainsi de même que celui qui commet l'adultère rompt lui-même les promesses de fidélité prononcées lors du mariage, le Témoin de Jéhovah qui a librement recours aux transfusions sanguines montre lui-même son rejet de ses anciennes croyances bibliques.

De même que le conjoint trompé peut rompre ses relations avec le coupable d'adultère, le rejet des principes bibliques, y compris ceux se rapportant au mauvais usage du sang, peut conduire à l'excommunication . - 1 Corinthiens 5:11-13.

Il n'est donc pas ambigu de dire d'un côté qu'"il appartient à chacun de se déterminer en conscience devant Dieu"(puisque c'est ce que chaque Témoin a fait avant même de se baptiser, et qu'aucune pression n'est exercé sur les Témoins qui se trouvent confrontés à cette situation) et de l'autre qu'un adepte qui accepte volontairement une transfusion "indique par ses propres actes qu'il ne souhaite plus être un des Témoins de Jéhovah".


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