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Lorsque
nous, les Juifs de Dachau, sommes arrivés dans le bloc, les
autres Juifs ont caché ce qu'ils possédaient pour
ne pas avoir à le
partager avec nous. Tu secoues la tête, mais c'est quand
même ainsi. À
l'extérieur, on s'entraidait. Mais ici, où c'est
une question de vie ou
de mort, chacun veut d'abord se sauver soi-même, et il oublie
les
autres. Mais que crois-tu que font les Bibelforscher [Témoins
de Jéhovah]? Ils doivent
travailler très dur maintenant, réparer une
quelconque canalisation.
Par ce temps froid, ils sont debout dans de l'eau glacée
tout au long
du jour. Personne ne comprend comment ils font pour supporter. Ils
disent que Jéhovah leur donne la force. Ils ont absolument
besoin de
leur pain, car ils ont faim tout comme nous. Mais que font-ils? Ils
ramassent tout le pain qu'ils ont, en prennent la moitié
pour eux-même,
et l'autre moitié, ils la donnent à leurs
frères qui ont faim, leurs
frères dans la foi, qui viennent d'arriver de Dachau. Ils
leur
souhaitent la bienvenue, les embrassent. Avant de manger, ils prient,
et après, ils sont comme transfigurés, avec des
visages heureux. Ils
disent qu'ils n'ont plus faim. Vois-tu, c'est alors que je me dit : ce
sont là les vrais chrétiens, c'est comme
çà que je me les suis toujours
représentés. Pourquoi ne pouvons-nous pas
être comme eux? Combien cela
aurait été beau si nos frères nous
avaient préparé un tel accueil !
» |
Edgar Kupfer-Koberwitz, Die
Mächtigen und die Hilflosen. Als Häftling in Dachau,
Vol. 1, Stuttgart 1957, p. 286. Cité dans : Hans Hesse, Persécution
et résistance des Témoins de Jéhovah
pendant le régime nazi 1933-1945,
Esch-sur-Alzette (Luxembourg) : Éditions
Schortgen, 2005. |
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| Ils ne vont pas
à la guerre, disait l’Autrichien à son
compagnon. Ils préfèrent
être tués plutôt que tuer
quelqu’un d’autre. À
mon avis, c’est comme ça que doivent se comporter
les vrais chrétiens.
Et tu sais, j’ai été témoin
de quelque chose de beau
chez eux. Nous étions en effet avec eux dans le
même bloc
au camp de Struthof, Juifs
et Étudiants
de la Bible. |
| Arbeit macht tot —
Eine
Jugend in Auschwitz(1990),
de Tibor
Wohl, survivant d' Auschwitz,
rapportant
une conversation surprise entre deux prisonniers dont un Autrichien non
croyant |
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| I
have never met a survivor who does not remember the Witnesses , and
they
all say similar things: a very small group of people, very clearly
identified.
They will talk about the purple triangle that they wore on their prison
uniform–they will talk about the way they shared food and
cared for each
other, and they will talk about how they were willing to talk with,
help
and support other prisoners. It really appears to have stuck in
people’s
minds. |
Traduction.
Je
n'ai jamais rencontré de survivant qui avait
oublié les Témoins,
et ils disent tous la même chose à leur sujet: Un
petit groupe
de personnes, clairement identifiables. Ils nous parlent du triangle
violet
qu'ils portaient sur leurs uniformes - ils nous racontent la
façon
dont ils partageaient leur nourriture et prenaient soint les uns des
autres,
et ils nous racontent comment ils étaient facilement
abordables,
prêts à aider et soutenir les autres prisonniers.
Cela semble
s'être gravé dans la mémoire des gens. |
| Professeur
King auteur de L'État
nazi et les nouvelles religions: Étude portant sur cinq cas
de non-conformisme. |
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"Mauve:
C'était la couleur des Bibelforscher, les
internés que leurs
convictions religieuses avaient conduits à
résister au régime
nazi. Il s'agissait surtout des Témoins de
Jéhovah. Il est
du reste étonnant de constater que certains d'entre eux
portaient
également le triangle jaune
des
juifs"
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| Evelyn
Le Chêne, Mauthausen
ou la comptabilité
de l'horreur. |
| Le détenu
allemand Johann Wrobel, qui travaillait comme contre-maître
dans
le kommando " garage " à Sachsenhausen, atteste que deux
Témoins
de Jéhovah qui en faisaient partie avaient refusé
de " baptiser
" un vieux juif, selon la formule du SS qui noya alors sa victime
lui-même
en lui tenant la tête sous l'eau jusqu'à ce que
mort s'ensuive. |
| La
résistance dans les camps de concentration
nationaux-socialistes
— 1938/1945, pp. 220-1, Hermann Langbein, Fayard,
1981. |
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| My eyes welled
up with tears as I told them about the Bibelforsher barrack in
Neuengamme.
Those listening could scarcely beleive it when I related how the purple
triangles cared for one another and welcomed us Jews, extending to us
the
dignity that the Nazis had long since stripped away. I told them that
the
witnesses even risked severe punishment to help us and give us food. |
Traduction.
Les
larmes me montaient aux yeux tandis que je leur parlais du barraquement
des Bibelforshers à Neuengamme. Mes auditeurs avaient du mal
à
le croire quand j'expliquais de quelle manière les triangles
violets
prenaient soins les uns des autres et nous accueillaient nous les
Juifs,
nous redonnant la dignité que les Nazis nous avaient
enlevée.
Je leur ai dis que les Témoins ont même
risqué de sévères
punitions pour nous avoir aidé et donné de la
nourriture |
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| Crucible
of terror; a story of survival through
the Nazi Storm.p 107. Max
Liebster |
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| Les témoins
de Jéhovah, ces "inconditionnnelles de la Bible" comme on
les appelait
aussi, étaient à Ravensbrück la seule
catégorie
de détenues qui constituaient une communauté
soudée
par une même conviction. [...] Cette croyance [en
Jéhovah]
leur donnait une force extraordinaire et elles [témoins de
Jéhovah
internés à Ravensbrück] ont prouvé pendant toutes
ces années passées au camp que la mort ne les
effrayait en
rien, qu'elles étaient capables d'endurer
stoïquement des souffrances
indicibles au nom de Jéhovah. [...] Les
témoins de
Jéhovah,
qui s'en tenaient au commandement chrétien "tu ne tueras
point",
étaient totalement réfractaires à la
guerre : cela
coûta la vie à de nombreux hommes professant cette
foi et
les femmes de Ravensbrück, elles, refusaient d'effectuer tout
travail
relevant de l'effort de guerre - une attitude qui n'allait pas sans
inconséquence. [...] Elles étaient d'ailleurs,
en un certain sens, des "détenues
volontaires". Il leur suffisait en effet de se présenter
auprès
de la surveillante chef, de signer une déclaration
attestant qu'elles renonçaient à leurs convictions
pour
être remises en liberté le jour même. |
| BUBER-NEUMANN Margarete -
Déportée
à Ravensbrück - Paris, Ed. du Seuil, 1988 (pour
l'édition
française), pp. 56-58, 72, 94-95. |
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| Je
voudrais réunir
dans un même souvenir nos jeunes communistes, nos
Bibelforscher [Témoins
de Jéhovah],
nos camarades chrétiens. [...]
La plupart sont morts; morts sans avoir daigné s'incliner,
sans
avoir consenti à se salir |
| Tragédie
de la déportation, 1940-1945
- Témoignages de survivants des camps de concentration
allemands,
Olga Wormser & Henri Michel |
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Only
against the Witnesses was the government unsuccessful, for although
they
had killed thousands, the work went on and in May 1945 the
Jehovah’s Witness
movement was still alive, whilst National Socialism was not. The
Witnesses
numbers had increased and no compromises had been made.
[...]
only
the Witnesses can claim to have emerged morally unscathed. |
Traduction.
Seuls
les Témoins ont infligé un échec au
gouvernement,
car bien qu’il en ait tué des milliers,
l’œuvre s’est poursuivie,
et, en mai 1945, le mouvement des Témoins de
Jéhovah existait
encore, alors que le national-socialisme n’était
plus. Les Témoins
s’étaient accrus, et cela sans compromission.
[...]
Traduction.
seuls
les Témoins peuvent prétendre s'en être
sortis moralement
indemnes. |
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| L'État
nazi et les nouvelles religions: Étude portant sur cinq cas
de non-conformisme. p193, 200.
Professeur
King |
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