Mise au point concernant le tract

" Français, on vous trompe ! "

et les critiques qu'il a suscitées


Par Davy.
 

Victimes depuis plusieurs années de propos malveillants et mensongers ainsi que d'atteintes à leurs libertés de conscience et de culte (0), les Témoins de Jéhovah de France ont décidé de réagir. Aussi ont-ils organisé une diffusion massive d'un tract intitulé " Français, on vous trompe ! ", dénonçant le harcèlement et les mensonges dont ils sont l'objet, ainsi qu'une conférence de presse rendant publique une enquête de la SOFRES, qui révèle la bonne intégration sociale de ces fidèles chrétiens.

Car, bien que les Témoins de Jéhovah reconnaissent à chacun le droit de s'exprimer et acceptent la critique, ils refusent de laisser sans réponse de leur part des propos diffamatoires nuisant à l'honneur et à la dignité de leur confession.

Cette manifestation a été, dans son ensemble, bien accueillie par la population. Pourtant, elle s'est montré une nouvelle occasion pour nos détracteurs de propager leurs critiques, révélant plus une volonté de dénigrer notre religion que de véritablement informer le public.

JE SOUHAITE donc, à l'instar du tract précédemment cité, DÉNONCER ces faux 'éclaircissements', qui continuent de tromper les gens en les amenant à douter de la respectabilité des Témoins de Jéhovah, et rétablir la vérité concernant ces attaques. (Ces explications n'engagent que son auteur, qui ne prétend pas représenter les Témoins de Jéhovah.)

Jean-Pierre Brard Pastorale et sectes
Internaute Charline Delporte

DÉNONCE la défense ambiguë de Jean-Pierre Brard face à ce tract :

- " Les déclarations qu'il m'attribue portaient sur le viol de la loi, en matière fiscale notamment, et non sur la liberté de conscience. " (1)

Tout d'abord, les Témoins de Jéhovah attribuent à M. Brard des propos mensongers, ce que, au demeurant, il ne nie pas. Lorsqu'ils dénoncent " les manoeuvres de leurs détracteurs [...] portant ainsi atteinte à la liberté de conscience et de culte ", M. Brard est, tout au moins, visé par l'atteinte à la liberté de culte.

En effet, ses propos menacent la liberté de culte de ce mouvement, puisqu'ils ont pour but de présenter les Témoins de Jéhovah comme une 'secte dangereuse', ce qui conforte particulièrement les opposants à l'édification de lieux de culte destinés aux Témoins de Jéhovah. C'est d'ailleurs pour soutenir un maire s'opposant à une telle construction que Jean-Pierre Brard a prononcé la première citation qui lui est directement reprochée dans le tract. De plus, si le tract ne le précise pas, ce député n'en reste pas moins l'auteur d'une question au ministère de l'Intérieur, portant sur le droit des communes de refuser un permis de construire à un mouvement considéré comme une 'secte' (2). De même, ce même député a interrogé ce même ministère sur la possibilité pour une commune de refuser le prêt ou la location de salles municipales aux sectes (3); coïncidence : les Témoins de Jéhovah organisent nombre de leurs assemblées spéciales dans des locaux appartenant aux communes. Si leur sont refusés à la fois les locaux communaux et la construction de leurs propres salles de réunions, où peuvent-ils alors se réunir ? On peut vraiment parler d'atteinte à la liberté de culte.

En outre, la liberté de conscience désigne aujourd'hui le droit de jouir d'une liberté complète en matière religieuse, ce qui inclut évidemment la liberté de culte. L'atteinte à la première se trouve donc comprise dans l'atteinte à la deuxième. En clair, Jean-Pierre Brard, en s'attaquant à la liberté de culte des Témoins de Jéhovah, viole leur liberté de conscience.

- " D'ailleurs, la secte fait référence à ce sujet à un arrêt du 3 novembre 1998 de la cour d'appel de Versailles, sans préciser que celle-ci m'a donné raison. " (1)

M. Brard se permet-il d'affirmer que la Cour d'appel de Versailles lui 'a donné raison', alors qu'elle a reconnu le caractère diffamatoire de ses propos (4) ? Il est impensable qu'une cour d'appel 'donne raison' à quelqu'un ayant commis un acte punissable par la loi !

En réalité, il a seulement été 'relaxé', parce que la plainte des Témoins se situait sur un mauvais plan : ils accusaient les prévenus de diffamation religieuse au lieu de diffamation publique envers un particulier.

Dans le tract, les Témoins de Jéhovah dénonçaient les propos mensongers de M. Brard, c'est pourquoi ils n'évoquent que la reconnaissance du caractère diffamatoire de ses paroles. Le fait que les prévenus aient été relaxés n'y change rien.

- " En me désignant personnellement, les Témoins essayent de m'isoler, alors que l'ensemble des parlementaires se sont exprimés à l'unanimité pour dénoncer la dangerosité des sectes. " (5)

S'il est vrai que l'ensemble des parlementaires se sont exprimés pour dénoncer la dangerosité des sectes, force est de constater, à la lecture des comptes-rendus des séances de discussion des 10 et 15 décembre à l'Assemblée nationale, que seul Jean-Pierre Brard a attaqué plus particulièrement les Témoins de Jéhovah. Quelques-uns n'ont fait mention de ceux-ci qu'exceptionnellement et d'une manière moins virulente.

DÉNONCE les " quelques réflexions " trompeuses de PASTORALE et SECTES (Antenne du diocèse de Metz) sur ce tract :

- " Le dépliant insiste lourdement sur leur appartenance chrétienne. Mais pour l'ensemble des Églises chrétiennes, on ne peut être chrétien, si l'on ne croit pas à la divinité de jésus, à la Sainte Trinité. Tel est le cas des TJ. "

Comme indiqué dans leur tract Les Témoins de Jéhovah : ce que vous devez savoir, les Témoins de Jéhovah se considèrent comme chrétiens pour les raisons suivantes : ils croient au Christ, à sa nature divine et à sa qualité de Fils de Dieu ; ils exercent la foi en Jésus et reconnaissent en lui leur Chef unique et leur Sauveur ; ils tiennent le christianisme, non pour une simple croyance, mais pour un mode de vie.

Pourtant, " Pastorale et sectes ", à l'instar de Mgr Jean Vernette (6), délégué de l'Épiscopat pour les questions d'ordre religieux, a dénié le caractère chrétien aux Témoins de Jéhovah pour ce même motif : ils ne croient pas à la divinité de Jésus, ni à la Trinité. Pourtant, d'une part les Témoins de Jéhovah reconnaissent le caractère divin de Jésus Christ, et d'autre part le dogme de la Trinité n'est une condition ni nécessaire ni suffisante pour se prévaloir du christianisme. Voici ce qu'en pensent certains ouvrages de référence :

" Le mot Trinité ne figure pas dans le Nouveau Testament. La doctrine qu'il désigne n'y est jamais énoncée explicitement. [...] Cette doctrine a pris forme progressivement, sur plusieurs siècles et à travers bien des controverses. [...] Ce n'est pas avant la fin du IVe siècle que la distinction entre les trois et leur unité ont été rassemblées dans une même doctrine orthodoxe d'une seule essence et de trois personnes. " -- The New EncyclopædiaBritannica(7).

" La formulation 'un Dieu en trois personnes' n'a pas été solidement établie ni sans doute pleinement intégrée à la vie chrétienne et à sa profession de foi avant la fin du IVe siècle. Pourtant, c'est précisément cette formulation qui a prétendu la première au titre de dogme de la Trinité. Chez les Pères apostoliques, on ne trouve rien qui rappellerait même de loin ce point de vue. " -- New Catholic Encyclopedia (8).

" Aujourd'hui, exégètes et théologiens s'accordent à reconnaître que la Bible hébraïque ne renferme pas de doctrine de la Trinité. [...] En outre, exégètes et théologiens admettent que le Nouveau Testament ne contient pas non plus de doctrine explicite de la Trinité. [...] Il est incontestable que cette doctrine ne peut être prouvée par le seul appui des Écritures. " -- The Encyclopedia ofReligion(9).

À la lecture de ces références, il ressort deux points principaux :

- Premièrement, les Pères apostoliques, constituant l'Église primitive chrétienne, ne croyaient pas à la Trinité, puisque ce dogme n'existait même pas à l'époque : si l'on en croit " Pastorale et sectes ", les premiers chrétiens ne seraient donc pas chrétiens ! Il y a là un véritable paradoxe, venant d'une Église qui prétend représenter la continuité directe de l'Église apostolique.

- Deuxièmement, cette doctrine s'avère sans fondement biblique solide, alors que les Saintes Écritures demeurent la référence même du christianisme.

Par conséquent, on ne peut refuser aux Témoins de Jéhovah la qualité de chrétiens simplement parce qu'ils ne croient pas à la Trinité, doctrine née quatre siècles après le christianisme originel.

- " Dans un premier temps, le fisc avait fait ses calculs à partir du prix de vente imprimé sur les revues (quelques francs). Pour échapper à ce calcul, la distribution a été déclarée gratuite. Il n'y a plus de prix indiqué. [...] Aujourd'hui, si tout n'est pas vendu, il n'y a cependant jamais de perte. Ils peuvent distribuer leurs invendus gratuitement. Le proclamateur a payé d'avance une provision suffisante, qui reste acquise à la Société. "

Les Témoins de Jéhovah ont déclaré leurs publications disponibles gratuitement en France le 1er juin 1990. Leur motivation ne résidait pas en une tentative d'éviter une éventuelle taxation.

D'ailleurs, si l'administration fiscale avait réellement " fait ses calculs à partir du prix de vente ", elle l'aurait fait dans l'intention de réclamer à l'association concernée le paiement d'une taxe sur les revues déjà vendues. Or, non seulement les publications des Témoins de Jéhovah n'ont jamais été taxées en France, mais encore déclarer la future distribution gratuite n'aurait eu aucune influence sur les calculs concernant les publications déjà vendues. Ce calcul du fisc s'avère donc une pure invention de militants en manque d'arguments et de faits...

Ainsi l'affirmation selon laquelle cette décision se révélait un moyen d'échapper au fisc ne repose-t-elle sur rien de valable.

De plus, cette nouvelle disposition n'était pas le seul fait de la filiale française : elle a aussi été prise par nombre d'associations sur lesquelles ne pesait aucune menace fiscale, telles celles de Grande-Bretagne, reconnues comme organismes de bienfaisance (10). Si cette décision avait été prise pour ne pas payer de taxes dans certains pays, pourquoi aurait-elle été appliquée dans beaucoup d'autres pays, dont la plupart ne taxaient pas les publications de cette confession ?

Par ailleurs, depuis 1990, les publications ne sont plus du tout vendues en France : il est donc faux de parler d'" invendus " ! Toutes les publications sont laissées gratuitement sans que soit réclamée une quelconque offrande. Il n'est pas non plus exigé des fidèles qu'ils paient (d'avance ou non) les publications qu'ils reçoivent, y compris celles qu'ils proposent ensuite au public. Ils restent libres de faire une offrande selon leur 'coeur' et leurs possibilités.

Néanmoins, pour ce qui est de la " provision suffisante, qui reste acquise à la Société ", il faut faire preuve d'un peu de réalisme : l'association nationale ne peut pas publier de nombreux ouvrages sans recevoir aucune contribution financière ! Il faut évidemment payer l'encre, le papier, l'entretien des machines, le soutien des volontaires à plein temps qui contribuent au travail... Si les publications sont gratuites, c'est pour permettre à toute personne d'en profiter, sans distinctions sociales. Mais, bien entendu, l'argent nécessaire au financement de ces publications ne tombe pas du ciel ! Il repose forcément sur les offrandes volontaires des fidèles et de quiconque souhaite soutenir l'oeuvre d'évangélisation des Témoins de Jéhovah. Ces contributions restent comparables à celles sollicitées dans toute église.

- " D'abord, dans une multinationale, il est difficile de contrôler les mouvements de fonds. "

Pourquoi prétendre de telles absurdités, alors que les Témoins de Jéhovah français utilisent des associations légalement déclarées en France et financièrement indépendantes des associations étrangères ? Si des dons étaient envoyés à une quelconque société étrangère, cela apparaîtrait clairement sur les comptes de l'association, qui sont parfaitement tenus, conformément à ce qu'à révélé le récent contrôle fiscal d'une durée de 18 mois. (La taxation n'a été réclamée que plus tard et le redressement ne met pas en doute le sérieux de la comptabilité.) (11)

- " On aimerait savoir quelles sont ces populations d'Afrique qu'ils aident. En réalité, ce ne sont que les adeptes de leur Société. On s'aide soi-même. Les autres sont " des gens du monde " qui n'ont qu'à se débrouiller puisqu'ils ne sont pas dans la " vérité ". "

Les Témoins de Jéhovah aident bien sûr leurs coreligionnaires, mais aussi ceux qui ne partagent pas leur foi, à travers des campagnes d'aide humanitaire.

À cet effet, ils utilisent une organisation non gouvernementale, Aidafrique(12), pour aider particulièrement les pays d'Afrique. Par exemple, les secours envoyés, en 1994, vers l'ex-Zaïre (aujourd'hui République Démocratique du Congo), ont profité à plus de 7 000 réfugiés rwandais, soit près de 3 fois le nombre de Témoins au Rwanda à l'époque ; on a estimé à 4,5 millions de francs une autre aide envoyée en 1997 vers l'Afrique (13). En 1998, Aidafrique a fait don d'un centre médical, composé de 11 bâtiments, qu'elle a réalisé à Maramvya dans la province de Kayanza au Burundi (14). Ce centre médical est utilisé par une population de près de 50 000 personnes, c'est-à-dire largement plus que le nombre de Témoins dans ce pays. Il apparaît clairement que l'aide envoyée aux pays africains profite à une population bien plus large que les seuls Témoins de Jéhovah. Ajoutons que leur coopération avec le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) témoigne de l'impartialité dans la distribution de ces aides.

Plus proche de nous, ces oeuvres de bienfaisances se constatent aussi en France : les Témoins ont souvent figuré parmi les premiers et les plus nombreux à proposer leur aide à la suite de catastrophes (inondations à Vaison-la-Romaine, à Charleville-Mézières, à Béziers, etc.). (15) Ainsi le quotidien France Soir rapportait-il, lors de l'inondation à Vaison-la-Romaine : " Les Témoins de Jéhovah aussi se sont mobilisés. Ils sont venus à plus de 150 à Vaison et ont installé leur PC dans une maison d'un de leurs frères sinistrés. Tous ont délaissé leur tunique traditionnelle pour un jean et un ciré plus appropriés. "Certains habitants sont surpris quand nous leur disons que nous sommes témoins de Jéhovah, souligne frère Clouet. D'ordinaire, nous sommes mal vus. Ici, nous sommes accueillis par tout le monde à bras ouverts." " (16)

Même s'il est vrai que, comme beaucoup apportent d'abord leur soutien à leur famille, les Témoins de Jéhovah s'occupent prioritairement de leurs 'frères et soeurs', ils étendent volontiers leur aide à tous. En cela, ils suivent leur référence, la Bible (reconnue aussi comme telle par les autres Églises chrétiennes), qui déclare : " pratiquons le bien à l'égard de tous et surtout de nos frères dans la foi ". (17)

Comble de l'ironie : Jean Vernette, responsable de " Pastorale et sectes ", émet pour sa part un avis plutôt strict sur cette question : " il n'est pas de charité hors de la Vérité. " (18)

- " L'histoire a depuis montré que les TJ n'ont pas toujours eu un comportement vis-à-vis de Hitler dont leur Société avait en son temps cautionné l'avènement. "

Affirmer que l'histoire a montré que les Témoins de Jéhovah ont cautionné l'avènement d'Hitler est une aberration ! " Pastorale et sectes " doit probablement confondre avec une autre Église (19). Ceux qui pourraient, à la limite, paraître plus honnêtes parlent plutôt de pacte de non-agressivité, voire de compromission avec Hitler, mais jamais de soutien à son avènement ! Mais que dit en réalité l'histoire ?

Pour soutenir l'accusation de compromission des Témoins, sont souvent utilisées l'assemblée de Wilmersdorf, la "Déclaration" adoptée à cette occasion et la lettre (dite lettre de Balzereit) envoyée à Hitler qui accompagnait cette résolution. (20)

Or, au sujet des jugements sévères portés par certains, le professeur Detlef Garbe, historien et directeur du Mémorial de Neuengame, qui a compulsé les archives allemandes et largement étudié le cas des Bibelforscher, a écrit qu' "ils s'égarent dans leur critique, ou du moins ne prennent pas vraiment en compte le texte ni la situation. Ainsi, on ne pourra pas dire que les témoins de Jéhovah s'identifient par là à des antisémites, ni ne se recommandent comme d'éventuels alliés [...]. Des désignations comme "congrès de sympathie pour le national-socialisme" [...], ou l'assertion que la direction de la Watch Tower aurait cherché à "conclure un pacte avec Hitler" [...] relèvent autant d'une approche orientée par la volonté de discréditer, que la lecture [...] qui découvre dans la Déclaration le soutien criminel de la politique hitlérienne anti-sémite. " (21)

De même, l'historienne Christine King, vice-chancelier de l'université du Staffordshire, qui a étudié l'histoire des Témoins de Jéhovah sous le régime nazi, a déclaré : " Dès le début du régime nazi, les Témoins de Jéhovah ont adopté une attitude très claire, ils ont gardé leur position de neutralité. Au début, ils ont cherché à expliquer leur position aux autorités, qu'il ne s'agissait en aucun cas d'une menace politique. " Et ceci, en toute connaissance des documents 'accusateurs'. Elle a de même écrit : " Seuls les Témoins ont infligé un échec au gouvernement [...]. Les Témoins s'étaient accrus, et cela sans compromission. " (22)

Quant à Michel Reynaud, coauteur avec Sylvie Graffard du livre Les Bibelforscher et le nazisme (1933-1945) - Ces oubliés de l'Histoire, il précise dans la présentation de la sixième édition de cet ouvrage : " l'affaire Balzereit (témoin de Jéhovah qui renia sa foi après avoir dirigé une filiale en Allemagne), que nous évoquons dans les pages de l'ouvrage [...] aurait pu entacher terriblement l'ensemble du groupe des Bibelforscher. J'ajoute que je trouve fort malhonnête l'utilisation que font certains de cette affaire pour « lutter » contre ce qu'ils nomment « secte » et combattre les « méfaits » des témoins de Jéhovah. Ce procédé, je le condamne fermement. " (23)

Ainsi, peut-on vraiment dire que 'l'histoire a montré' que les Témoins de Jéhovah 'ont cautionné l'avènement' d'Hitler, alors que ses représentants, les historiens, arrivent à une conclusion contraire, après avoir étudié le sujet en profondeur ? Certainement pas ! (24)

- " En conclusion le dépliant des TJ [...] n'est que la réaction d'une "Société" aux abois qui en fait ne veut préserver que ses intérêts financiers, dévoilant ainsi ses vraies intentions et ce, en assénant aux Français des contrevérités flagrantes. "

Il me semble que c'est " Pastorale et sectes " qui révèle ici ses véritables intentions. En effet, toute personne honnête, qui connaît bien les Témoins de Jéhovah, ne peut accuser les Témoins de Jéhovah de poursuivre des buts pécuniaires. Même leurs détracteurs le reconnaissent. Par exemple, Alain Lallemand, journaliste du journal belge Le Soir, ayant effectué diverses enquêtes sur les sectes, se montre très critique vis-à-vis de ce mouvement et milite même contre celui-ci ; il a néanmoins reconnu, en toute honnêteté, qu'il n'y a pas de " comptabilité suspecte " ni " d'enrichissement particulier " parmi les Témoins de Jéhovah, et que leur financement reste semblable à celui de toute église. (25)

Aussi Nathalie Luca (ethnologue, chercheur au CNRS, membre de la Mission interministérielle de lutte contre les sectes) et Frédéric Lenoir (philosophe et sociologue) font-ils cette mise au point dans leur ouvrage Sectes : mensonges et idéaux :

" Certains ne manquerons pas de nous reprocher de faire entrer les Témoins dans cette catégorie des sectes traditionnelles de terrain chrétien et non dans la catégorie des « nouvelles sectes » qui se définissent principalement par le mensonge et la dangerosité. Pour avoir étudié en profondeur ce mouvement, il est clair pour nous que les Témoins de Jéhovah sont de nature très différente de ces nouvelles sectes. Ils affichent clairement leurs objectifs réels, l'argent sert à construire des lieux de culte et non à enrichir quelques nababs, le pouvoir est collégial et n'est pas entre les mains d'un gourou tout-puissant, etc. Cela ne signifie pas pour autant que ce groupe ne présente aucune dangerosité. " (26)

Comme l'indique la phrase finale, ces auteurs ne font pourtant pas l'apologie de ce mouvement. Mais leur enquête en profondeur auprès de tous les acteurs du débat sur les sectes (sociologues, historiens, adeptes, ex-adeptes, personnes et associations engagées contre les sectes...) et leur objectivité leur ont permis d'apporter un ouvrage éclairant sur ce sujet passionné. (27)

DÉNONCE la "lumière" ténébreuse apportée sur ce tract par un internaute :

- " Les Tj de France reçoivent des dons et legs. Ils ne sont pas reconnus comme association cultuelle, même s'ils arborent ce titre folkoriquement. L'argent collecté est donc imposable. Redressement fiscal sur 5 ans de dons. Ce n'est pas un harcèlement, c'est la loi! [...] La moitié de l'impôts est composé de pénalités d'arriérés, car depuis le redressement de 95, rien n'a été versé au fisc. "

Il en est qui prétendent apporter des corrections nécessaires, ce qui suppose qu'ils soient bien informés, mais qui racontent en fait n'importe quoi !

En ce qui concerne le redressement fiscal de l'Association Les Témoins de Jéhovah, notifié en mai 1998, il s'élève à 303 millions de francs, dont 150 millions de taxe au barème de 60% sur les dons reçus sur quatre années et un montant égal de pénalités et d'intérêts.(28)

Que tout soit clair : c'est un redressement sur quatre ans de dons, composé d'une taxe de 60% (l'impôt) à laquelle sont ajoutées (et non inclues) les pénalités. Le redressement équivaut ainsi à cinq années de dons, soit 120% des recettes sur quatre années.

Quant au "harcèlement", il repose sur l'application arbitraire de la loi du 19 mai 1992 : cette imposition vise pour la première fois une association religieuse parmi tant d'autres. En effet, beaucoup d'autres communautés religieuses, dont l'honnêteté n'est pourtant pas remise en cause, ne paient pas non plus cette taxe. Ainsi, selon des statistiques publiées en 1993 par le ministère de l'Intérieur, 90% des associations protestantes et juives, 95% des associations musulmanes et une centaine d'associations diocésaines catholiques ne disposent pas du statut d'"associations cultuelles" (29) et n'en sont pas pour autant taxées. Si le redressement des Témoins de Jéhovah était une application impartiale de la loi, pourquoi, six ans après l'adoption de cette loi, y-a-t-il tant d'associations, bien que se trouvant dans la même situation fiscale que les Témoins de Jéhovah, qui n'y sont pas encore soumises ? Même la majorité des associations non religieuses ne semblent pas touchées par cette taxation. Alors, peut-on parler d'une application légale du droit fiscal ? Sûrement pas !

D'ailleurs, d'autres Églises s'inquiètent déjà de cette nouvelle menace (car une imposition des dons manuels à 60% s'avère une véritable menace pour la vie d'une association ne disposant d'aucune autre ressource). Ainsi pouvait-on découvrir dans l'édition de janvier 1999 du journal Les Amis des monastères, que le monde des monastères et des couvents s'inquiète de ce risque de taxation des offrandes, se rendant compte qu'ils pourraient également être concernés : " les communautés non reconnues qui recevaient directement des dons manuels ne peuvent délivrer aucun reçu fiscal. Pire, une menace fiscale existe bel et bien à leur endroit. " Une note précise " si l'association devait être taxée il y aurait un espace de discussion juridique à défendre contre l'administration ". Étant donné que parmi les communautés non reconnues se trouvent aussi des catholiques, celles-ci envisagent aussi de défendre leurs droits, si jamais elles devenaient les victimes suivantes de l'administration fiscale.

On comprend donc que les Témoins de Jéhovah ne refusent pas inconsidérément de rembourser une taxe due, mais plutôt qu'ils dénoncent cette application injuste de la loi.

Précisons au passage qu'il est erroné de d'utiliser ce redressement fiscal pour prouver que les Témoins de Jéhovah ne peuvent constituer une association cultuelle, puisque la taxation vise l'Association Les Témoins de Jéhovah, association religieuse déclarée suivant la loi de 1901, et non l'Association Cultuelle les Témoins de Jéhovah de France, régie par les lois de 1905 et de 1901.

L'application discriminatoire de cette taxation et le caractère cultuel d'associations des Témoins de Jéhovah sont traités plus amplement dans mon étude générale sur la situation des Témoins de Jéhovah en France.

- " c'est actuellement la Watchtower qui porte atteinte à la liberté de conscience en excluant par exemple les TJ homosexuels, qui acceptent du sang, qui saluent le drapeau ou qui travaillent dans une usine d'armement (et ce ne sont que quelques exemples). Je rappelle que l'exclusion chez les TJ signifie "rupture de toutes relations" avec le fautif". Plus de famille, plus d'amis. "

La société Watchtower ne porte pas atteinte à la liberté de conscience d'autrui, puisqu'elle laisse à chacun la liberté de penser et d'agir comme il l'entend. Chaque Témoin de Jéhovah reste libre de ses actions et de ses pensées, ainsi que de se séparer du groupe quand il le souhaite. Mais il faut garder à l'esprit que la liberté absolue n'existe pas (elle dépend toujours de celle d'autrui) et toutes nos actions, bien que libres, n'échappent pas aux conséquences qu'elles entraînent. Toute société, tout en se conformant aux droits de l'homme, repose sur diverses règles, érigées dans un intérêt commun et acceptées par la majorité de ses membres.

Edward Gibbon, historien anglais et auteur de l'ouvrage Histoire du déclin et de la chute de l'Empire romain, a écrit ce qui suit à propos de la justesse de l'exclusion et des conséquences de cette mesure : " Toute société a le droit incontestable d'exclure de sa communion et de ne plus admettre à la participation de ses avantages ceux de ses membres qui rejettent ou qui violent les règlements établis d'un consentement général. "

Dans le même sens, voici ce qu'on peut lire dans l'Encyclopaedia of Religion : " Toute communauté prétend au droit de se protéger contre des membres déviants qui risqueraient de compromettre le bien commun. Dans un contexte religieux, ce droit a souvent été appuyé par la croyance que la sanction [de l'excommunication] affecte la position de l'individu devant Dieu. "

À celui qui veut se convertir aux Témoins de Jéhovah sont clairement définis les principes que les membres de la communauté s'engagent à suivre, avant qu'il ne confirme sa décision. Une fois intégré, il reste libre dans ses pensées et actions et peut sortir du mouvement à tout moment. Mais, s'il s'oppose volontairement aux principes acceptés par la majorité des membres, le groupe reste en droit de l'excommunier. Sa liberté reste relative à celle de la communauté.

Cette attitude pourrait être rapprochée de celle d'une personne qui dirait à son conjoint que s'il se montre infidèle, alors elle se séparerait de lui et souhaiterait ne plus avoir de relations avec lui. Pourrait-on reprocher à cette personne d'empêcher son conjoint d'utiliser sa liberté de la tromper, alors qu'il s'était engagé à lui rester fidèle lors de leur mariage ? Certainement pas ! Le conjoint reste libre de ne pas suivre son engagement, tout comme l'autre l'est de se séparer de lui et de ne plus le fréquenter.

D'ailleurs, ce principe se retrouve dans d'autres grandes religions établies, telles que l'Église Catholique, qui constitue la référence religieuse en France. Examinons les canons 1311 et 1364 de son Code de droit canonique (30) :

" L'Église catholique a le droit inné et propre de contraindre par des sanctions pénales les fidèles délinquants. "

" L'apostat de la foi, l'hérétique ou le schismatique encourent une excommunication. "

Par exemple, l'avortement peut être sanctionné par l'excommunication.

Alors, si l'on reconnaît ce droit aux autres religions, pourquoi le refuser aux Témoins de Jéhovah ? D'autant que ses membres ont accepté volontairement cette disposition lors de leur engagement éclairé. Ajoutons que l'excommunication, chez les Témoins de Jéhovah, coupe les relations spirituelles, mais n'annule en rien les liens familiaux. (31)

- " Pardon ??? Quelles discriminations ? Je vois ici deux points possibles :
-A l'école mais ici, c'est bien les Tj qui donnent les conseils de non-respect de la laicité:
-A propos des transfusion ! Et là, la Watchtower conseille de ne pas accepter les decisions de justice: "LE MINISTERE DU ROYAUME" Sept 92, p. 6 (Revue interne de directives) "

Maintenant il tente de rendre responsables les Témoins de Jéhovah des discriminations dont sont victimes leurs enfants, en lançant des accusations mensongères !

En premier lieu, le Ministère du Royaume (août 98) sur lequel cet auteur prétend (dans une page annexe à son réquisitoire) fonder sa première accusation, sortant comme toujours des extraits de leur contexte, n'encourage nullement le " non-respect de la laïcité ". En effet, il y est expliqué en particulier : " Tout en respectant le principe de la laïcité, l'occasion vous sera certainement offerte d'expliquer vos croyances si vous êtes interrogés. " Il est donc bien rappelé aux jeunes de respecter la laïcité. 'L'occasion d'expliquer ses croyances si l'on est interrogé' n'est pas une atteinte à ce principe. L'école reste laïque par sa neutralité en matière de religion, de philosophie et de politique ; cela n'empêche pas un élève d'exprimer ses croyances, dans la limite, bien entendu, du respect de l'ordre public et des opinions de l'autre. C'est ce que confirme le Conseil d'État, autorité en la matière : " Considérant que le principe de la laïcité de l'enseignement public qui résulte notamment des dispositions précitées et qui est l'un des éléments de la laïcité de l'État et de la neutralité de l'ensemble des services publics, impose que l'enseignement soit dispensé dans le respect, d'une part, de cette neutralité par les programmes et par les enseignants et, d'autre part, de la liberté de conscience des élèves ; qu'il interdit conformément aux principes rappelés par les mêmes textes et les engagements internationaux de la France toute discrimination dans l'accès à l'enseignement qui serait fondée sur les convictions ou croyances religieuses des élèves ; que la liberté ainsi reconnue aux élèves comporte pour eux le droit d'exprimer et de manifester leurs croyances religieuses à l'intérieur des établissements scolaires, dans le respect du pluralisme et de la liberté d'autrui, et sans qu'il soit porté atteinte aux activités d'enseignement, au contenu des programmes et à l'obligation d'assiduité. " (32) Il ne faut pas confondre laïcité et a-religiosité. Néanmoins, notons quand même qu'il est régulièrement rappelé aux jeunes Témoins de Jéhovah français de s'arranger pour parler de leur religion seulement hors de l'enceinte scolaire.

De toutes manières, même si les enfants de Témoins de Jéhovah ne parlaient jamais de leurs croyances, voire cachaient leur appartenance religieuse, à l'école, leurs camarades l'apprendraient d'une manière ou d'une autre. Cela n'empêcherait donc pas les moqueries et les menaces dont ils sont l'objet.

En second lieu, en ce qui concerne le refus de transfusions sanguines, je ne crois pas que l'on puisse parler de discrimination (33) : les enfants de Témoins se portent très bien, reçoivent des soins comme il se doit, et aucun décès, imputable à un refus de transfusion sanguine, n'a été recensé parmi eux en France depuis plus de vingt ans.

De plus, l'affirmation selon laquelle " la Watchtower conseille de ne pas respecter les décisions de justice " n'a aucun fondement. La référence faite au Ministère du Royaume de septembre 1992 (p. 6) vise cette citation :

" Si une décision de justice intervient malgré vos efforts soutenus, continuez à implorer le praticien de ne pas transfuser et recommandez avec insistance une thérapeutique de substitution. Continuez d'en appeler à lui pour qu'il veuille bien examiner les articles tirés de revues médicales et demander l'avis de médecins qui acceptent d'être consultés pour proposer des issues non sanguines. Plus d'une fois, un médecin qui semblait inflexible est ressorti de la salle d'opération en annonçant fièrement qu'il n'avait pas utilisé de sang. Ainsi, même si une ordonnance a été émise par un juge, n'abandonnez jamais la partie, à aucun prix! "

L'ordonnance émise par le juge donne une autorisation (non une obligation) au médecin de pratiquer une transfusion ; il revient donc ensuite à ce dernier de décider s'il l'utilisera ou non. C'est pourquoi les parents peuvent encore chercher à trouver un arrangement avec le praticien, sans aller à l'encontre de la décision de justice.

- " Les Tj de France sont 120 000 en 1998 selon les propres chiffres de la Watchtower [...]
Même en comptant les "sympathisants" (qui ne sont pas mentionnés ici), nous n'arrivons qu'à 200 000. Les Tj de France n'hésitent donc pas à grossir leurs effectifs de 25%. "

Voilà un détail de moindre importance. Pourtant, cela tracasserait-il cet esprit à la recherche de l'exactitude, comme il l'a montré précédemment ? N'a-t-il pas parlé précédemment de redressement fiscal sur 5 ans, au lieu de 4 ans, soit une plus-value de 25 % ?

Trêve d'ironie ! Celui qui recherche honnêtement la précision se rappellera d'abord que la France se compose de la métropole et des départements d'Outre-mer. D'où la précision de Jean-Claude Pons lors de la conférence de presse du 29 janvier 1999 : " Et je rappelle qu'il y a donc environ 250 000 personnes qui sont proches de notre foi sur le territoire métropolitain et également dans les départements d'Outre-mer." D'autant que le tract a aussi été diffusé dans les DOM. Or, notre 'M. Précis' a relevé les statistiques officielles de 1998 (34) à l'entrée "France", n'offrant que les résultats métropolitains, car les résultats de chaque DOM se trouvent à son nom respectif ; en effet, le but du rapport annuel est d'offrir une évaluation détaillée et localisée de l'évangélisation développée afin de répondre à des besoins précis, tandis que dans le cas présent il s'agissait de considérer tous ceux qui étaient concernés par ce tract, c'est-à-dire ceux qui dépendent de la France administrative, incluant les îles françaises. L'ajout de ces résultats permet ensuite de retrouver approximativement le même nombre de sympathisants ou, du moins, de ceux qui assistent à la cérémonie annuelle de commémoration du sacrifice du Christ. Confirmation apportée par l'assistance à cette commémoration du 1er avril 1999 : 249 918 fidèles réguliers et occasionnels.

Bien évidemment, lorsque le communiqué de presse parle des " Témoins de Jéhovah ", il suppose les pratiquants réguliers et les sympathisants, comme lorsqu'on parle en général des catholiques, des protestants ou des musulmans dans leur ensemble, sans distinguer les pratiquants réguliers des occasionnels.

Enfin, remarquons à ce propos que le Quid 1999 mentionne, pour les Témoins de Jéhovah de France, " 269 555 fidèles et sympathisants " (35).

DÉNONCE les remarques insensées de Charline Delporte en rapport avec ce tract :

- " La secte, association loi 1901, ne veut évidemment pas payer les 300 millions de francs et prévient qu'elle en appellera à la cour européenne des droits de l'homme. Classique !

Son attention devrait toutefois être attirée sur le fait que le conseil constitutionnel français, se fondant sur l'article 13 de la déclaration des droits de l'homme, a par diverses décisions, déjà estimé que l'exercice des libertés et droits individuels (en général ! et non limité au sous ensemble constitué par les seules libertés de culte et de religion) ne pouvait en aucun cas permettre de se soustraire au principe d'égalité devant les charges publiques, ni excuser la fraude fiscale, ni entraver sa légitime répression.

Il y a tout lieu de penser que la cour européenne, saisie, n'infirmera pas pareille jurisprudence au risque de détruire l'idée même de la vie en société. "

Au premier abord, cette note peut laisser croire à une remarque d'une personne apparaissant bien renseignée sur ce sujet. Or, Charline Delporte montre plutôt clairement qu'elle n'a pas suivi cette affaire avec sérieux.

D'une part, les Témoins de Jéhovah ne demandent pas à " soustraire au principe d'égalité devant les charges publiques ". Au contraire : ils dénoncent cette imposition discriminatoire. Car, loin d'être appliquée de manière impartiale, la loi du 19 mai 1992 est utilisée par l'administration fiscale contre seulement deux associations religieuses, tandis que l'ensemble des autres associations religieuses (et même non religieuses) restent exonérées de cette taxe. D'autant plus que, contrairement à certaines affirmations erronées, la différence ne repose pas sur la reconnaissance officielle du statut d'" association cultuelle ", puisque la majorité des associations relevant de religions établies ne disposent pas de ce statut (36) et ne paient pas pour autant cette taxe. Je doute fort que la Cour européenne des Droits de l'homme ne condamne pas une telle discrimination, si elle en a l'occasion.

D'autre part, je considère qu'une taxe à hauteur de 60% sur les dons manuels, seules ressources permettant à l'association de vivre, constitue une véritable entrave à l'exercice d'un culte. C'est un autre point qu'aura peut-être à juger la Cour européenne des Droits de l'homme.

Enfin, il doit effectivement être " classique " de refuser de payer cette taxe injuste, étant donné que des associations catholiques entendent adopter la même défense face à l'administration fiscale, si elles étaient à leur tour visées : " les communautés non reconnues qui recevaient directement des dons manuels ne peuvent délivrer aucun reçu fiscal. Pire, une menace fiscale existe bel et bien à leur endroit. [...] si l'association devait être taxée il y aurait un espace de discussion juridique à défendre contre l'administration ". (37)

- " " la troisième religion chrétienne de France " [...] en est aujourd'hui contrainte à s'adresser au " Monde ", c'est à dire à la société des " pêcheurs et autres serviteurs de Satan ", au travers d'une action publique à caractère politicien. "

Voilà une remarque originale, surtout venant d'une militante anti-secte : les Témoins de Jéhovah ne s'adressent pas assez souvent au " Monde ", c'est-à-dire aux non-TJ. Pourtant, ces chrétiens rencontrent déjà assez régulièrement leurs voisins dans le cadre de l'évangélisation. Sa remarque se révèle d'autant plus étonnante qu'elle a tenté, à plusieurs reprises et en vain, de faire limiter leur prédication par les autorités. (38)

Par ailleurs, on découvre là une caricature abusive de la doctrine professée par les Témoins de Jéhovah :

1) Les Témoins de Jéhovah ne voient pas l'ensemble de ceux qui ne partagent pas leur foi comme une 'société de pécheurs' (plutôt que "pêcheurs", à mon avis), puisqu'ils reconnaissent que tous les hommes pèchent, eux y compris.

2) Pour ce qui est des gouvernements, si les Témoins de Jéhovah restent neutres dans le domaine politique, ils n'en considèrent pas moins, en se référant à la Bible, que "ces autorités sont " le ministre de Dieu ", " les serviteurs publics de Dieu ", en ce qu'elles assurent des services nécessaires, font régner la loi et l'ordre, et punissent les malfaiteurs " (39). C'est pourquoi, ils font appel à l'État ou à la Justice, quand ils le jugent nécessaire, pour défendre leurs droits. Cette attitude n'a rien de nouveau et a même permis l'évolution des droits américain et canadien en faveur des libertés individuelles et publiques. (40)

- " Un premier exemple peut être tiré du film, édité par la secte en 1995, à l'occasion de la création du cercle des déportés TJ. Un film sensé démontrer - 50 ans après ! - la toute puissance de la foi jéhoviste face au nazisme et qui, en fait, ne montre qu'une chose, au coeur même du film, la panique des dirigeants jéhovistes de Magdebourg (filiale allemande) consécutivement à la perquisition et à la fermeture de leur imprimerie par les nazis. Privés de moyens d'éditer les saintes paroles et idées des dirigeants de New York, ils n'eurent de repos qu'en éditant et diffusant une version artisanale de leurs précédentes publications. Dont ils ne furent pas peu fiers. Business must go on ! "

Comment peut-on écrire de telles inepties ? Car, même avec une telle insensibilité devant ce documentaire émouvant, dont la valeur a été reconnue par la presse spécialisée (41), comment est-il possible de voir dans l'activité des Témoins de Jéhovah de l'époque un quelconque business ?

Honnêtement, pouvait-on vraiment faire des affaires en distribuant des publications interdites en Allemagne nazie ? Que pouvait rapporter la distribution d'une grande quantité de publications laissées gratuitement, particulièrement celle de dizaines de milliers de tracts laissés dans les boîtes à lettres ? Combien et surtout comment étaient payés les ouvrages reçus dans les camps de concentration ?

Prétendre que les Témoins de Jéhovah ont des visées de profits financiers n'a déjà pas de fondement, conformément à ce que reconnaissent des spécialistes les ayant profondément étudiés (42), mais aller jusqu'à associer l'activité de ces hommes et femmes courageux sous le régime nazi à un intérêt pécuniaire est un comble !

- " Ce faisant, s'agissant du tract intitulé " Français, on vous trompe ", la secte confirme, en utilisant par dessein le pronom vous et non le pronom nous, son exterritorialité, son implantation " ailleurs " (à Brooklyn ?), son rejet viscéral de la société française... "

Cette réflexion est très révélatrice de l'état d'esprit de cette militante : critiquer à tout prix. Car, partie dans une critique passionnée, elle s'en prend vraiment à tout ce qu'elle peut ! Quitte à faire passer pour une analyse profonde du titre du tract ce qui est en réalité une réflexion insensée...

Ainsi, avec un minimum de réflexion, toute personne sensée comprend aisément que les auteurs ont titré le tract " Français, on vous trompe ! ", parce qu'ils ne s'incluaient pas parmi ceux qui était trompés sur ce sujet, en l'occurrence sur les mensonges propagés sur les Témoins de Jéhovah. C'est évident, puisqu'ils dénonçaient justement cette tromperie.

Quant à son 'raisonnement' sur la preuve du rejet viscéral, il se révèle quelque peu tendancieux. Franchement, peut-on, par exemple, accuser l'hebdomadaire L'événement de " rejet viscéral de la société française ", simplement parce qu'il offrait comme 'Une' d'une récente édition (3 au 9 juin 1999) " Français, on vous surveille " ? C'est franchement ridicule...

- " Ce faisant, démonstration est à nouveau faite de ce que la secte revendique le statut d'association cultuelle, non pas en raison d'objectifs désintéressés liés à l'exercice d'un culte, mais bien pour les avantages financiers et fiscaux qu'elle tirerait de ce statut. "

Selon l'avis de Charline Delporte, quels sont les " objectifs désintéressés liés à l'exercice d'un culte " qui motivent une association religieuse à revendiquer le statut d'association cultuelle ? Comme à chaque fois, elle lance des critiques sans expliciter ni justifier sérieusement ses affirmations.

Rappelons que les libertés de culte, de conscience, d'association... sont garanties par la Constitution française à toute personne, groupe, association... ne contrevenant pas à l'ordre public. Il n'est donc nul besoin de disposer de cette reconnaissance cultuelle pour exercer un culte librement, toujours dans le respect des lois, bien entendu ! Les confessions religieuses peuvent même créer une association du type loi de 1901 pour organiser et soutenir leur culte.

L'utilité du statut relevant de la loi de 1905 se trouve dans un autre plan. À la suite d'une question posée au Conseil d'État sur le caractère cultuel d'une association locale des Témoins de Jéhovah, le commissaire du gouvernement a rappelé, dans ses conclusions (43) traitant notamment des associations cultuelles en générale, les deux types d'avantages découlant du statut d'association cultuelle :

a) " les avantages immédiats, d'ordre pratique, supérieurs à ceux que procure le régime de droit commun des associations" : autorisation à recevoir des dons et legs, régime favorable sur le plan fiscal.

b) " l'obtention de ce statut apparaît, pour beaucoup de ces religions nouvelles, comme un enjeu d'ordre social et politique " : reconnaissance officielle indirecte.

Voilà les seuls intérêts, non liés directement à l'exercice du culte, de l'obtention du statut cultuel pour une association religieuse.

Pour ce qui concerne le premier type d'avantages, il peut se rapporter indirectement aux intérêts cultuels, du fait que, non seulement les dons et legs, mais aussi les exonérations fiscales, permettent de disposer de plus de fonds pour organiser et subvenir aux besoins du culte et d'autres activités religieuses.

Quant au second type, il revêt une certaine légitimité pour les mouvements à la recherche d'une reconnaissance officielle indirecte. Le commissaire du gouvernement précisait, dans la suite de ses mêmes conclusions, que le contentieux fiscal apparaît comme un biais efficace pour se faire décerner un caractère cultuel. À propos des demandes de l'exonération de la taxe foncière présentées par toutes les associations locales de Témoins de Jéhovah , il poursuit : " S'agissant des témoins de Jéhovah, cette stratégie a en outre pour objectif, selon certains auteurs (M. de Guillenschmidt, Les enjeux fiscaux et sociaux, Petites affiches, mai 1996), de leur permettre, à travers un alignement sur la situation des cultes traditionnels, d'être séparés de la catégorie des sectes au sein de laquelle ils sont généralement classés ". Il reconnaît bien ici que les Témoins de Jéhovah ont ouvert ce contentieux fiscal dans l'intention d'obtenir une reconnaissance officielle indirecte ; en effet, si la jurisprudence leur est favorable (au 1er mars 1999, 80% des jugements de première instance reconnaissaient la qualité d'association cultuelle à leurs associations locales), le ministère de l'Intérieur devrait être amené à leur reconnaître ce statut cultuel. Cette reconnaissance favoriserait alors certainement l'exercice de leur culte, sachant que cette légitimité accordée par le gouvernement serait un argument de défense contre ceux qui veulent leur refuser des permis de construire touchant l'édification de lieux de culte, la location de locaux pour des réunions cultuelles...

De plus, la demande présentée par la Communauté chrétienne des Béthélites, ordre religieux de volontaires au centre national des Témoins de Jéhovah situé à Louviers, d'adhérer à la Caisse d'assurance maladie des cultes (Camac) confirme cette recherche de reconnaissance et non d'intérêts financiers. Explication relevée dans le quotidien Le Parisien : " Concernée au premier chef, la Caisse primaire d'assurance maladie a du mal à comprendre l'intérêt de la communauté dans cette affaire : « S'ils étaient affiliés à la Camac, leurs cotisations doubleraient et leur taux de couverture serait inférieur. Ils n'auraient, par exemple, aucune indemnité journalière en cas d'arrêt de travail. De toute façon, ils travaillent dans le cadre d'une association loi 1901 qui paie des cotisations à l'Urssaf et le régime général est obligatoire pour eux. » De la à penser que ce qui importe avant tout pour les Témoins de Jéhovah, c'est d'être reconnus en tant qu'église... " (44)

Il ressort donc clairement de toutes ces précisions que les Témoins de Jéhovah sont avant tout motivés par une reconnaissance sociale et non par des avantages matériels.

- " Ainsi, tel le gui sur l'arbre - plante bien connue du genre des loranthacées vivant en parasite sur certains arbres - la secte des témoins de Jéhovah, enracinée sur mille et quelque points du territoire français, vit et prospère en se nourrissant de la sève de notre société démocratique, avec probablement le dessein de l'épuiser puis de la détruire. "

C'est vraiment l'hôpital qui se moque de la charité !

Les Témoins de Jéhovah vivent de leurs propres moyens. Individuellement, ils travaillent (le taux de chômage chez eux étant même inférieur à la moyenne nationale), contribuent aux charges collectives, nécessaires au fonctionnement de notre société, en payant leurs impôts et soutiennent financièrement les associations locales et nationales rattachées à leur religion grâce à l'argent qu'ils ont honnêtement gagné en travaillant.

Bien évidemment, les associations des Témoins de Jéhovah, comme toute autre association religieuse, reposent sur la générosité de leurs fidèles. Pour vivre elles ont aussi besoin d'un soutien financier : il ne faut pas croire naïvement que l'association puisse développer ses activités religieuses, distribuer des publications gratuitement sans recevoir aucune contribution financière...

Mais, leurs associations ne reçoivent que des contributions volontaires et, dans leur ensemble, modiques (en moyenne : 32 F par mois et par donnateur), provenant essentiellement de leurs fidèles et de leurs sympathisants. Les Témoins de Jéhovah ne reçoivent aucune subvention de l'État.

En revanche, les ADFI, dont l'ADFI-Nord, quémandent régulièrement auprès des ministères (45), des municipalités... Elles reçoivent, à la différence d'associations caritatives telles que la Croix-Rouge, des subsides de l'État. Ce sont donc elles qui 'vivent et prospèrent de la sève de notre société démocratique' !

Alors, qui sont en réalité les parasites, c'est-à-dire ceux qui vivent aux dépens d'autrui ou de la société ?

CONCLUSION

Comme le montrent ces quelques exemples, certains cherchent par tous les moyens possibles à présenter les chrétiens Témoins de Jéhovah comme des personnes nuisibles, qui se montreraient sous un faux jour. Dans cette intention, ils détournent certains de leurs propos, en les sortant de leur contexte et en leur donnant une mauvaise interprétation, leur prêtent de mauvais mobiles ou tout simplement inventent des faits pour les accuser de tous les maux possibles. Tandis que les Témoins de Jéhovah dénonçaient cet état de fait dans un tract, leurs détracteurs poursuivaient leurs actions de dénigrement en publiant des pseudo-explications, prétendant démontrer que celui-ci est trompeur et que ceux-là sont menteurs.

Pourtant, si leurs arguments étaient si fiables et honnêtes, il ne se trouverait pas dans leurs écrits tant de réflexions mensongères et de critiques non fondées, dont on peut assez facilement dévoiler la tromperie. Par leur avidité à trouver critique dans tout ce que disent ou font les Témoins de Jéhovah, leurs opposants affichent clairement leur fond mauvais et leurs mobiles qui n'ont rien de glorifiant.

J'espère au moins que ces quelques explications permettront à des gens honnêtes de découvrir l'hypocrisie de ceux qui prétendent 'éclairer' les gens sur les Témoins de Jéhovah.

Souhaitons que la France finira par acquérir une meilleure connaissance de la religion professée par les Témoins de Jéhovah et de leurs activités, ce qui permettra alors à cette confession de pratiquer son culte librement et de vivre en paix.

Davy.

(Révisé et complété le 28/08/99.)


Je remercie Thierry, dont j'ai utilisé certaines recherches et profité de quelques conseils, qui a accepté de publier mes commentaires dont je porte la pleine responsabilité.


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0. Cf. mon étude " Les Témoins de Jéhovah : une religion menacée par la France ".

On se reportera aussi, avec intérêt, au site officiel des Témoins de Jéhovah de France www.temoinsdejehovah.org.

1. La Croix, lundi 1er février 1999.

2. Journal Officiel, 1er septembre 1997, p.2790.

3. Journal Officiel, 21 septembre 1998, p. 5218.

4. Cour d'appel de Versailles, 3 novembre 1998 :

" Considérant que le fait de décrire un groupement, quel qu'il soit, comme "une secte, l'une des plus dangereuses, qui a à son bilan un grand nombre de suicides", caractérise incontestablement l'imputation de faits précis, de nature à être, sans difficulté, l'objet d'un débat contradictoire, et qui portent atteinte à l'honneur et à la considération de ce groupement; que le caractère diffamatoire des termes employés par Jean-Pierre BRARD lors de son intervention radiodiffusée n'est donc pas contestable; qu'il convient toutefois de déterminer si, comme le soutiennent les parties civiles, on se trouve ici en présence d'une diffamation religieuse, ou si l'on a affaire à une diffamation publique envers un particulier; "

5. Libération, samedi 30 et dimanche 31 janvier 1999.

6. La Croix, 18 juillet 1998.

7. The NewEncyclopædiaBritannica, 15e édition, 1985, volume 11, Micropædia, page 928.

8. New Catholic Encyclopedia (1967), tome XIV, p. 299.

9. The Encyclopedia of Religion, Mircea Eliade, responsable, 1987, volume 15, page 54.

10. Les associations nationales britanniques des Témoins de Jéhovah, International Bible Students Association (Charity n° 216647) et The Watch Tower Bible and Tract Society of Pennsylvania - British branch (Charity n° 241623), The Kingdom Hall Trust (Charity275946) et Watch Tower Bible and Tract Society of Britain (Charity1077961) sont officiellement reconnues comme organismes de bienfaisance (Charities) depuis respectivement 1964, 1965, 1978 et 1999, ce qui les dispense de toute taxe, même sur les produits qu'elles pourraient vendre. Il en est de même pour les centaines d'associations locales. La décision de laisser gratuitement les publications ne pouvait donc être prise dans l'intention d'obtenir des avantages fiscaux, puisque ces associations disposaient déjà depuis longtemps de ces derniers.

11. Pour plus de précisions sur les associations françaises des Témoins de Jéhovah, leur déclaration officielle en particulier, consulter le livre blanc intitulé Le financement du culte des chrétiens Témoins de Jéhovah de France.

12. AIDAFRIQUE, Journal officiel du 21 novembre 1990.

13. Un compte-rendu de cette aide a été publié dans le Times of Zambia, January 14, 1998.

14. Cf. le document officialisant la donation du centre de santé à la province de Kayanza.

15. Consulter le tract " Les Témoins de Jéhovah : ce que vous devez savoir " à la page 4, qui offre une photo de ces interventions.

16. France Soir, 28 septembre 1992, p. 4.

17. La Bible de Jérusalem, Épître aux Galates, 6, 10.

18. La Croix, 18 juillet 1998.

19. Cf. l'article " Le silence des Églises ", in " L'Holocauste : Qui l'a dénoncé ? ", Réveillez-vous, 22 août 1995.

20. Lire à ce propos l'excellent ouvrage Les Témoins de Jéhovah face à Hitler de Guy Canonici, éd. Albin Michel, p. 122-124, et les notes correspondantes p. 414-417. Contrairement aux critiques avancées par quelques-uns, qui n'ont pas dû le lire, cet ouvrage mentionne ces événements en toute franchise.

À cette occasion, je souhaite préciser que l'appartenance de M. Canonici aux Témoins de Jéhovah n'est pas tenue secrète : non seulement il est encore régulièrement présenté en tant que responsable du bureau d'Information des Témoins de Jéhovah, mais encore il s'était déjà exprimé dans la presse nationale en tant que " Témoin de Jéhovah au bureau national " (France Soir, vendredi 9 février 1996) ou comme " responsable des relations avec la presse " (Reader's Digest Selection, décembre 1996), bien avant la sortie du livre. Si les Témoins avaient voulu publier ce livre en tenant secrète la foi professée par son auteur, ils n'auraient pas sollicité le responsable du bureau d'Information, chargé des relations publiques, en particulier avec la presse.

Ajoutons que cette étude, qui repose sur une large documentation, notamment sur les archives fédérales d'Allemagne, a été reconnue pour son honnêteté : " Ce livre, rigoureux et bien écrit [...] ne saurait figurer ici une propagande en faveur des Témoins de Jéhovah d'aujourd'hui. " (Notre Histoire, février 1999) ; l'historien Bernard Blandre précise aussi que " la thèse de G. Canonici n'est pas d'un manichéisme absolu ", car il reconnaît aussi bien les actions contre le nazisme et les persécutions d'autres chrétiens que les erreurs de certains témoins de Jéhovah (Mouvements religieux, n° 217 de mai 1998, A.E.I.M.R.). Lire aussi l'article du journal La Croix (30 et 31 août 1998), celui du mensuel Le Monde diplomatique (juin 1999) et ceux parus dans la presse spécialisée (Le Déporté, juin-juillet 1998 ; Le Journal des Combattants, 16 mai 1998 ; Le Patriote Résistant, avril 1998 ; Mauthausen, mars 1998 ; Réforme, 20 août 1998 ; Actualité Juive, 12 mars 1998 ; Le Christianisme, 17 au 23 mai 1998), qui offrent une présentation de cet ouvrage.

On pourra aussi se reporter à l'article Les Témoins de Jéhovah - Courageux face au péril nazi, publié dans Réveillez-vous du 8 juillet 1998.

21. Zwischen Widerstand und Martyrium : Die Zeugen Jehovas im « Dritten Reich », Garbe Detlef, Munich. R. Oldenbourg, 1994, p. 101, note 71.

22. The Nazi State and the New Religions : Five Case Studies in Non-Conformity, King Christine, Edwin Mellen Press, p. 193.

23. Les Bibelforscher et le nazisme (1933-1945) - Ces oubliés de l'Histoire, de Sylvie Graffard et de Léo Tristan, 6e édition revue et augmentée, Éditions Tirésias, p. 24. Comme le souligne le bulletin du ministère de l'Éducation nationale Les Livres, n° 364 de mai 1992, " les auteurs se sont attachés, preuves à l'appui, à rectifier les vues négatives et à restituer au mouvement sa place dans le martyrologe de la déportation. " (Lire aussi Le Déporté, octobre 1991.)

24. Pour une explication plus détaillée : lire le développement clair et pertinent de Thierry " Les Témoins de Jéhovah et le nazisme ".

25. Son avis sur ce point a été relevé lors du débat organisé dans le cadre de l'émission Écran Témoin du 11 janvier 1999 sur la première chaîne belge. Ce débat, notable pour son équilibre, a réussi à réunir des Témoins de Jéhovah, des Mormons, leurs opposants, d'anciens membres, un professeur d'histoire des religions... pour se faire une opinion plus claire sur les Témoins de Jéhovah et sur les Mormons.

26. Sectes : mensonges et idéaux, Nathalie Luca, Frédéric Lenoir, Bayard Éditions, 1998, p. 36-37.

27. Voir " Églises ou sectes ? " in Le Monde des livres, supplément du Monde du vendredi 23 octobre 1998.

28. Le Monde, mardi 30 juin 1998.

29. Administration, L'État et les sectes, octobre/décembre 1993.

30. Catéchisme de l'Église Catholique, éd. Mame/Plon, 1992.

31. Concernant d'autres précisions sur l'excommunication et la liberté de choisir des Témoins de Jéhovah, notamment à l'égard de la transfusion sanguine, lire avec profit l'explication de Thierry sur l'affaire bulgare, qui traite de l'accusation selon laquelle les Témoins de Jéhovah aurait localement modifié quelques-uns de leurs principes pour être reconnus comme religion en Bulgarie.

32. Conseil d'État, arrêt Khérouaa et autres du 2 novembre 1992.

33. Consulter " Les implications du refus parental de transfusion sanguine ", La Gazette du Palais 1995, 2e sem., p. 928-938, ainsi que la brochure Les Témoins de Jéhovah, la vie, le sang, concise et bien documentée.

34. La Tour de Garde, 1er janvier 1999.

35. Quid 1999, Dominique et Michèle Frémy, éd. Robert Laffont, p. 522, " Témoins de Jéhovah ". Les éditions de 1998 et de 1997 comptaient respectivement 263 000 et 276 000 fidèles et sympathisants.

36. Selon des statistiques publiées en 1993 par le ministère de l'Intérieur, seules 109 associations protestantes sur 1138, 15 associations juives sur 147 et 2 associations musulmanes sur 1050 ont reçu cette reconnaissance. (Administration, n° 161, octobre-décembre 1993, p. 76.)

37. Les Amis des monastères, janvier 1999.

38. Dernières Nouvelles D'Alsace, mardi 22 Avril 1997.

39. Selon l'organe principal d'enseignement des Témoins de Jéhovah, La Tour de Garde, 1er mai 1996, p. 10.

40. " Il ne conviendrait pas de conclure ce bref aperçu des ennuis des Témoins de Jéhovah avec l'État sans parler des services que, grâce à leur persévérance, ils ont rendus à la cause de la liberté religieuse sous notre Constitution. Ces dernières années, ils ont occupé les tribunaux plus que tout autre groupement religieux et le public a vu en eux des individus à l'esprit étroit ; mais ils sont restés fidèles aux convictions dictées par leur conscience et, en conséquence, les tribunaux fédéraux ont rendu une série de décisions qui ont assuré et élargi les garanties du citoyen américain dans le domaine de la liberté religieuse, et qui, en outre, ont protégé et étendu leurs libertés civiles. En cinq ans, de 1938 à 1943, quelque trente et une affaires les concernant ont été portées devant la Cour suprême ; et les décisions qui ont été rendues lors de ces procès, et plus tard dans d'autres procès, ont fait avancer la cause des libertés consignées dans la Déclaration des droits en général, et la protection de la liberté religieuse en particulier. " -- Church and State in the United States, Anson Stokes, volume III, 1950, page 546.

Sur la situation au Canada, voici ce qu'on peut lire dans la préface du livre State and Salvation --The Jehovah'sWitnessesandTheirFightforCivil Rights : " Les Témoins de Jéhovah ont enseigné à l'État et au peuple canadien ce que devrait être le contenu pratique de la protection juridique des groupes minoritaires. En outre, la [...] persécution [des Témoins au Québec] a donné lieu à une série de procès qui, dans les années 40 et 50, ont été portés devant la Cour suprême du Canada. Ces procès ont, eux aussi, modifié le comportement des Canadiens au regard de l'exercice des droits civils, et aujourd'hui ils constituent le fondement de la jurisprudence en matière de libertés civiles au Canada. "

41. Le Déporté, juin-juillet 1998, p. 27 :

" Le 28 février dernier, dans cent villes de France, fut projeté le film « La fermeté des Témoins de Jéhovah face à la persécution nazie ». Ce document de soixante-dix-huit minutes retrace le long chemin de cette persécution : un très bon montage de documents de l'époque, de témoignages de rescapés, du récit que fait Geneviève de Gaulle de ses rencontres avec « ces femmes exceptionnelles ».

Bref, parmi tous les nombreux films sur la déportation, il était bon que celui-là existât dans sa version française. [...]

Pour avoir participé à la séance d'Avignon à laquelle ont pris part plus de six cents personnes, je peux assurer ceux d'entre nous à la recherche de la réalité nazie, comme s'il en était encore besoin, que ce film est l'un des mieux faits et des plus vrais. "

42. Sectes : mensonges et idéaux, Nathalie Luca, Frédéric Lenoir, Bayard Éditions, 1998, p. 36-37 :

" Pour avoir étudié en profondeur ce mouvement, il est clair pour nous que les Témoins de Jéhovah sont de nature très différente de ces nouvelles sectes. Ils affichent clairement leurs objectifs réels, l'argent sert à construire des lieux de culte et non à enrichir quelques nababs, le pouvoir est collégial et n'est pas entre les mains d'un gourou tout-puissant, etc. "

Le contrôle fiscal de 18 mois effectué sur les comptes de l'Association "Les Témoins de Jéhovah" n'a trouvé dans leurs activités aucun caractère lucratif. (Cf. Les sectes et l'argent, rapport parlementaire n°1687, p. 221.)

43. Revue française de droit administratif, janvier-février 1998, p. 61-68.

44. Le Parisien, vendredi 18 juin 1999.

45. " Chaque année l'ADFI doit refaire le siège des ministères pour renouveler sa subvention d'État " - Libération, 21 novembre 1994.

L'ADFI reçoit au moins 5 000 francs par département, et, par exemple, la coquette somme de 80 000 francs lui est attribuée par le Conseil général du Nord. (Le Parisien, 18 décembre 1999.)