Qu'en pensez-vous? Qui sont les mieux placés pour commenter l'attitude des Témoins de Jéhovah durant le nazisme?
* Certains pourraient dire que mon opinion à moi sur ce sujet est forcément influencée par le fait que suis moi même Témoin de Jéhovah.
* De la même manière, certaines personnes qui ont de la haine pour ma religion ont la fâcheuse tendance à avoir un à priori négatif sur tout ce que disent et font les Témoins. Sans parler de ceux qui ne s'étant jamais réellement penchés sur la question se contentent de répéter tels des perroquets des accusations sous prétexte que "elles sont si nombreuses que ça doit certainement être vrai". Évidemment, avec Internet il semblerait que certains passent leur temps à traduire puis à divulguer des accusations dont ils n'ont pas la moindre idée de la véracité.(note)
NON! Si vous ne deviez retenir qu'une chose, je vous encourage à considérer en dernier lieu l'avis éclairé qu'ont donné les historiens sur cette époque des années 30. Eux qui sont familiers avec le climat général de cette époque, qui connaissent tous les faits sur le bout des doigts. Ces historiens de différents pays qui ont en plus l'avantage de ne pas être parti pris. N'ayant rien à voir dans ce débat religieux, ils sont neutres.
Comme l'a justement exprimé l'auteur du livre "Les Bibelforscher et le nazisme (1933-1945)",
"Les faits, toujours les faits. Comme nous n'étions ni de près, ni de loin, comme nous ne sommes toujours pas aujourd'hui concernés par cette secte, ou plutôt ce groupe religieux, les faits n'avaient qu'à bien se tenir, seule l'Histoire devînt notre guide."

Quelles sont ces conclusions? Je vous en livre quelques-unes...



V V V V


Lorsque le texte intégral de la 'Déclaration de Faits' du 25 juin 1933, ainsi que la lettre envoyée à Hitler, sont restropectivement replacés dans leur contexte, à la lumière de l'histoire des Témoins de Jéhovah durant le régime nazi, leur résistance, et l'Holocauste, on constate qu'il n'y a rien d'antisémite ni aucune tentative de s'attirer les faveurs d'Hitler. Ces accusations venant de certains cercles chrétiens ne sont que des manipulations délibérées et des distorsions historiques, occasionnées par leur gêne suite à leurs manquements moraux. Au moment de l'assemblée [25 juin 1933], et même plus tard, les gouvernements, les hommes d'États, et les diplomates de tous les pays étaient en négociation avec Hitler et lui démontraient respect et révérence. En 1936, alors que des millions étaient déjà en camps de concentration - parmi lesquels les Témoins de Jéhovah - les Jeux Olympiques se tinrent à Berlin sous la croix gammée.(voir liste des pays qui y participèrent)
 – “Am mutigsten waren immer wieder die Zeugen Jehovas.” Verfolgung und Widerstand der Zeugen Jehovas im Nationalsozialismus, published by historian Hans Hesse, Bremen, 1998, page 395.
Pays participant aux Jeux de Berlin
L'Afghanistan 
L'Argentine 
L'Australie 
L'Autriche 
La Belgique 
Les Bermudes 
La Bolivie 
Le Brésil 
La Bulgarie
Le Canada 
Le Chili 
La Chine
La Colombie 
Costa Rica 
La Tchécoslovaquie 
Le Danemark 
L'Egypte 
L'Estonie 
La Finlande 
La France 
L'Allemagne 
La Grande-Bretagne 
La Grèce 
La Hongrie
L'Islande 
L'Inde
L'Italie
Latvia 
La Liechtenstein 
Le Luxembourg 
Malte 
Le Mexique 
Le Monaco
Les Hollandes 
Nouvelle-Zélande
La Norvège 
Le Pérou 
Les Philippines 
La Pologne 
Le Portugal 
La Roumanie
Le Japon
L'Afrique du Sud
La Suède 
La Suisse 
La Turquie 
Les Etats-Unis 
L'Uruguay
La Yougoslavie


V V V V


Not a few representatives of the churches called publicly for a hatred of the Jews.  Such a situation was definitely not the case among Jehovah’s Witnesses.*
Dr. Detlef Garbe
Traduction
Ce n'était pas que quelques représentants des Églises qui appelaient ouvertement à la haine des Juifs. Mais ce n'était absolument pas le cas des Témoins de Jéhovah


V V V V


LE PATRIOTE RÉSISTANT
Lu dans la livraison du mois d'octobre 2004 :

Les Témoins de Jéhovah dans les prisons et camps nazis

le comportement des Témoins de Jéhovah dans les camps et les prisons fait preuve de vertus qui, aujourd'hui comme autrefois, sont indispensables pour le maintien d'un état de droit démocratique, je pense à leur fermeté face aux SS et leur humanité vis-à-vis de leurs codétenus. Au vu de la violence croissante envers les étrangers ou ceux qui ont des opinions politiques différentes, ces vertus doivent être une ligne de conduite pour le citoyen de notre pays
déclaration de Steffen Reiche, ministre du Land pour la Science, la Recherche et la Culture, lors de la manifestation centrale du souvenir du Brandebourg, le 27 janvier 1998 à Sachsenhausen

Source principale : Hans Hesse (sous la dir. de), « Am mutigsten waren immer wieder die Zeugen Jehovas » (« Les plus courageux étaient toujours les Témoins de Jéhovah », Persécution et résistance des Témoins de Jéhovah sous le national-socialisme), Edition Temmen, Brême, 1998.



V V V V


Jehovah's Witnesses were subjected to intense persecution under the Nazi regime. The Nazis targeted Jehovah's Witnesses because they were unwilling to accept the authority of the state, because of their international connections, and because they were strongly opposed to both war on behalf of a temporal authority and organized government in matters of conscience. 
[...]
While Witnesses contended that they were apolitical and that their actions were not anti-Nazi, their unwillingness to give the Nazi salute, to join party organizations or to let their children join the Hitler Youth, their refusal to participate in the so-called elections or plebiscites, and their unwillingness to adorn their homes with Nazi flags made them suspect.
[...]
When Germany reintroduced compulsory military service in March 1935, the conflict with the Witnesses escalated. For refusing to be drafted or perform military-related work, and for continuing to meet illegally, increasing numbers of Jehovah's Witnesses were arrested, tried by judicial authorities and incarcerated in prisons and concentration camps.
[...]
Some Witnesses were tortured in attempts to make them sign declarations renouncing their faith, but few capitulated to this pressure.

.
.
TRADUCTION:
Les Témoins de Jéhovah subirent d'intenses persécutions sous le régime nazi. Les Nazis les prirent pour cible à cause de leur refus de se soumettre à l'autorité de l'état, à cause de leurs ramifications internationales, et parce qu'à cause de leur conscience, ils s'opposaient de manière inflexible à la guerre en faveur d'une autorité terrestre ou d'un gouvernement.
[...]
Bien que les Témoins rappelaient avec force qu'ils étaient apolitiques et que leurs actes n'étaient pas anti-Nazi, leur refus de faire le salut Nazi, d'adhérer au parti, de laisser leurs enfants se joindre aux jeunesses hitlériennes, leur refus de prendre part aux élections ou aux plébiscites, et leur refus d'orner leurs maisons avec des drapeaux nazis faisaient d'eux des suspects.
[...]
Lorsque l'Allemagne réintroduisit le service militaire obligatoire en mars 1935, le conflit avec les Témoins s'intensifia. A cause de leur refus de se laisser enrôler ou d'effectuer des tâches à caractère militaire, et parce qu'ils continuaient de se réunir clandestinement, un nombre grandissant de Témoins de Jéhovah fut arrêté, jugé par les autorités et envoyé en prison et en camps de concentration.
[...]
Certains Témoins furent torturés dans le but de leur faire signer une déclaration de renonciation de leur foi, mais peu cédèrent aux pressions.


V V V V


University of Wales Swansea

PREMIER STUDENT CONFERENCES, 6 MARCH 2002
RESISTANCE IN NAZI GERMANY
(...)
Who opposed Nazism and why?
(...)
Mention should also be made of Germany’s 25,000 Jehovah’s Witnesses, who rejected Nazism long before Hitler came to power, and who refused on principle to come to any accommodation with the regime (for example, Jehovah’s Witnesses refused to give the Hitler salute or serve in the Wehrmacht). A number of officers and clergymen were also active resisters, though their numbers were always small. 
.
(...)
Of the 25,000 Jehovah’s Witnesses, probably nearly three-quarters were imprisoned at some point. By 1939, Witnesses made up 5-10% of the population of the concentration camps. Given the fact that they made up approximately 0.03% of the German population as a whole, this is an astonishingly high figure.
.
Gareth Pritchard

.
TRADUCTION:
PREMIER STUDENT CONFERENCES, 6 MARCH 2002
RESISTANCE IN NAZI GERMANY
(...)
Qui s'opposa au Nazisme et pourquoi?
(...)
Il faut aussi mentionner les 25 000 Témoins de Jéhovah, qui rejetèrent le Nazisme longtemps avant la prise du pouvoir par Hitler, et qui par principe refusaient tout arrangement avec le régime (par exemple, les Témoins de Jéhovah refusaient de faire le salut hitlérien ou de servir dans la Wehrmacht). Un certain nombre d'officiers et d'hommes d'église, bien que peu nombreux,  devinrent également des résistants actifs.
.
(...)
Sur les 25 000 Témoins de Jéhovah, probablement près des trois quarts furent emprisonnés à un moment ou un autre. En 1939, 5 à 10 % de la population des camps de concentration étaient des Témoins. C'est un chiffre  incroyablement élevé quand on sait qu'ils ne représentaient  approximativement que 0,03% de la population allemande.


V V V V


Mme Christine King vice-chancelier de l'université du Staffordshire, en Angleterre à déclaré
A propos de l'attitude des Témoins en 1933
"Dès le début du régime nazi, les Témoins de Jéhovah ont adopté une attitude très claire, ils ont gardé leur position de neutralité. Au début, ils ont cherché à expliquer leur position aux autorités, qu'ils ne s'agissait en aucun cas d'une menace politique."
[il est amusant de constater que dans ce même livre de Christine King, cette fameuse résolution est citée, et la Watch Tower est dépeinte en termes un peu moins flatteurs.] disent certains

Lors d'un séminaire se tenant au Musée de l'Holocauste, Christine King s'est exprimée ainsi: 
"Nous le savons, les Témoins sont effectivement restés fermes jusqu'à la mort." Elle a résumé ainsi: "Je pense que ce que nous apprenons grâce au travail effectué par le Musée du Mémorial de l'Holocauste sur l'histoire des Témoins de Jéhovah, c'est que ceux-ci ont fait entendre leur voix dès le début et ce avec un courage immense"*


V V V V


Le 18 avril 1998, au camp tristement célèbre de Bergen-Belsen, Wolfgang Scheel, directeur du Centre d’éducation politique de Basse-Saxe: 
Une vérité historique déplaisante est que les Témoins de Jéhovah ont rejeté le national-socialisme avec infiniment plus de détermination que les Églises chrétiennes. [..] Quoi qu’on puisse penser des enseignements et du zèle religieux des Témoins de Jéhovah, leur constance sous le régime nazi commande le respect.


V V V V


Dr Susannah Heschel (Professor of Religion) a dit concernant l'attitude adoptée par les Témoins de Jéhovah:
"Que se serait-il passé si l'Église luthérienne et les catholiques avaient imité les Témoins de Jéhovah? A mon avis, l'Histoire aurait été totalement différente"*


V V V V


William Kaplan, State and Salvation: The Jehovah's Witnesses and Their Fight for Civil Rights (Toronto: University of Toronto Press, 1989), 12:
The courage of the Jehovah's Witnesses, who endured repression and fought for what they believed, is a testament to the human spirit. Le courage des Témoins de Jéhovah, qui endurèrent la répression et combattirent  pour ce en quoi ils croyaient, et un témoignage à l'esprit humain.


V V V V


Britannica.com: dans l'article intitulé "Spiritual Resistance of Christian Conviction in Nazi Germany: The Case of the Jehovah's Witnesses" explique: 
"Aujourd'hui, les Églises d'Allemagne affirment que cette déclaration était une tentative des Témoins de Jéhovah pour s'attirer les faveurs d'Hitler et de son État nazi, et qu'elle contenait des mentions antisémites. Elles affirment que ce n'est qu'après l'échec de leur tentative que les Témoins résistèrent au régime nazi. Leurs assertions culminent avec l'accusation selon laquelle les bureaux américains de la Watch Tower et leur président, J.F. Rutherford, ont sciemment sacrifié les Témoins de Jéhovah allemands en les plaçant dans une position qui ne pouvait que déboucher immanquablement sur leur martyre. Une analyse du texte du document démontre que ces accusations sont erronées.
[...]
Selon un ancien officiel nazi, le fait que les Témoins mentionnèrent les prophéties de fin du monde dans leur déclaration comme étant le point central de leur enseignement à une époque où Hitler tentait d'instaurer son propre millénium a dû être, à ses yeux, rien de moins qu'une déclaration de guerre.
[...]
Ces accusations, formulées par les milieux religieux d'aujourd'hui, ne sont que des manipulations et des falsifications délibérées de l'Histoire de la part de ces Églises, que leur propre implication ou leur non-implication dans les persécutions a rendu jalouses."


V V V V


Christine King s'est exprimée ainsi:
I have never met a survivor who does not remember the Witnesses , and they all say similar things: a very small group of people, very clearly identified.  They will talk about the purple triangle that they wore on their prison uniform–they will talk about the way they shared food and cared for each other, and they will talk about how they were willing to talk with, help and support other prisoners. It really appears to have stuck in people’s minds.* Traduction
Je n'ai jamais rencontré de survivant qui avait oublié les Témoins, et ils disent tous la même chose à leur sujet: Un petit groupe de personnes, clairement identifiables. Ils nous parlent du triangle violet qu'ils portaient sur leurs uniformes - ils nous racontent la façon dont ils partageaient leur nourriture et prenaient soint les uns des autres, et ils nous racontent comment ils étaient facilement abordables, prêts à aider et soutenir les autres prisonniers. Cela semble s'être gravé dans la mémoire des gens.
Lire également:
Bibliographie:
Gerhard Besier and Gerhard Ringshausen:  Bekenntnis, Widerstand, Martyrim.  Von Barmen 1934 bis Plötzensee 1944.  Göttingen, 1996.
Karl Dietrich Erdmann:  Deutschland unter der Herrschaft des Nationalsozialismus 1993-1939.  Gebhard, Manuel of German History, volume 20. Munich, 1980.  Chapter 13,  “Die Kirche im nationalsozialistischen Deutschland.”
Monika Kringels-Kemen and Ludwig Lehmhöfer:  Katholische Kirche und NS-Staat – Aus der Vergangenheit lernen?  Frankfurt/Main, 1981.
Kurt Meier:  Evangelische Kirche in Gesellschaft, Staat und Politik 1918-1945.  Evangelische Verlagsanstalt, Ost-Berlin, 1987.
Eberhard Röhm:  Sterben für den Frieden. Spurensicherung: Hermann Stöhr (1898 bis 1940) und die ökumenische Friedensbewegung.  Stuttgart, 1985.
Eberhard Röhm and Jörg Thierfelder:  Juden – Christen – Deutsche 1933-1945.  Volume 1.  1933-1935 – ausgemerzt.  Stuttgart, 1990.
Jürgen Schmädeke and Peter Steinbach:  Der Widerstand gegen den Nationalsozialismus.  Die Deutsche Gesellschaft und der Widerstand gegen Hitler.  Munich, 1985.
Ludwig Volk:  Katholische Kirche und Nationalsozialismus.  Mainz, 1987.

Triangles violetsLes Bibelforscher (Témoins de Jéhovah) et le NAZISME; Fermeté ou Tentative de séduction?