Petit dictionnaire des opinions reçues à propos des témoins de Jéhovah, Marie-Louise LE MOUËL, Editions Les Ateliers du Coiron, Chomérac, 1994, pp. 103, 104

De sages Témoins de Jéhovah à l'école

En juin 1991, un élève du lycée Brossolette de Villeurbanne obtient le premier prix au concours général en "économie-droit". Un article dans le journal local lui est consacré, comme c'est l'usage, et il fait état de quelques points bien spécifiques :

"Monsieur Vallat, le professeur de Frédéric (en économie de gestion) parle de lui comme d'un élève 'qui excelle dans toutes les matières', mais sans jamais bomber le torse ni jouer au "crack". Modeste, donc, mais à l'aise dans sa classe, il est toujours prêt à donner un coup de main aux autres. Il est aussi excellent pour l'amitié et l'esprit de groupe. Un seul regret pour son maître : le manque d'ambition de Frédéric qui a choisi, après le bac, une filière courte, le B.T.S. de comptabilité de gestion. (...) Un choix délibéré de l'élève, il a choisi la section G par goût pour la formation technique et concrète, l'amour des chiffres, et pour donner à sa vie professionnelle une place raisonnable mais sans plus. La réussite sociale n'est pas son but premier. Témoin de Jéhovah, l'étude de la Bible est pour lui une référence majeure. Il exprime ce désir d'un mode de vie porté vers le spirituel et le dialogue avec les autres avec une conviction sage, sans exaltation ni prosélytisme." Sage, sans exaltation. Ces mots font écho au titre de l'article : "Un laureat bien tranquille (...) : la sagesse n'attend pas le nombre des années. [Le Progrès, 14 juin 1991, page 'Villeurbane'] "


Sectes, mensonges et idéaux, Nathalie Luca et Frédéric Lenoir, Bayard Editions, Paris, 1998, p. 54.

Sectes, mensonges et idéaux

Nous avons rencontré ainsi le plus jeune bachelier de France de l'année 1996. Il est Témoin de Jéhovah. Il s'appelle Samuel. Il a 15 ans. Il prépare depuis la rentrée scolaire de 1996 le concours d'entrée aux écoles d'ingénieur. Ses parents en sont très fiers et se sentent en partie responsables de cette réussite. Ils ont tout fait, disent-ils, pour réunir les conditions qui permettraient à leur enfant de réussir le mieux possible. Ils placent l'éducation jéhoviste comme un modèle d'éducation pour la société. On voit là un remarquable retournement de la situation. Soudainement, les Témoins de Jéhovah montrent le chemin pour réussir dans le monde, ce même monde qu'ils estiment perdu. La mère de Samuel : «Le développement de la personnalité de Samuel a certainement été influencé par les principes qu'il a acquis dès son plus jeune âge. Cela lui a servi pour raisonner et prendre des décisions. Nous pensons que le mode de vie chrétien a été pour lui une chance supplémentaire d'épanouissement. Cela lui a permis d'avoir une vie de famille équilibrée, et de pouvoir communiquer.»

Ce cas, plus qu'exceptionnel, montre, par l'interprétation qu'en donne la famille, la place que prend désormais la réussite sociale. De façon plus générale, les enfants des Témoins ont une bonne réputation à l'école. Ils sont calmes et sérieux, même s'ils ont parfois des croyances qui s'harmonisent mal avec ce qu'on leur enseigne. Il ne faudrait cependant pas déduire de cette revalorisation de la réussite scolaire que les Témoins de Jéhovah sont en train de perdre leur attente eschatologique. Ils continuent à accorder une place primordiale à l'instauration du paradis terrestre.

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