Un autre symbole remarquable du culte
romain, c'est
le Signe de la croix. Dans le système romain, on le sait, le
signe
de la croix et l'image de la croix sont tout. On ne peut dire aucune
prière,
rendre aucun culte, on ne peut rien faire, pour ainsi dire, sans
l'usage
constant du signe de la Croix. La croix est regardée comme
le grand
moyen d'enchantement, comme le grand refuge au moment du danger, comme
la ressource infaillible contre toute les puissances des
ténèbres.
On adore la Croix avec tout le respect qui n'est dû qu'au
très
haut ; et l'appeler devant un véritable disciple de Rome, de
son
nom scripturaire, l'arbre
maudit, est une offense
mortelle. Dire
que cette superstition du signe de la croix, ce culte rendu par Rome
à
une croix de bois ou de métal ait Pu résulter de
la parole
de Parole de Paul : «Dieu me garde de me glorifier en autre
chose
qu'en la croix de notre Seigneur Jésus-Christ
crucifié»,
est une pure absurdité, un vain subterfuge. Jamais les
vertus magiques
attribuées au signe de la croix, jamais le culte qu'on lui
rend
n'ont eu un pareille origine! Ce même signe que Rome fait
aujourd'hui
était en usage dans les Mystères Babyloniens; le
paganisme
l'employait pour les même desseins mystiques, il l'entourait
des
mêmes honneurs. Ce qu'on appelle maintenant la croix du
christianisme,
n'était nullement à l'origine un
emblème chrétien,
C'était le Tau
mystique des
Chaldéens et des
Égyptiens, la vrai forme première de la lettre T,
l'initiale
du nom de Tammuz, qui, en hébreu, est absolument la
même que
dans l'ancien Chaldéen; on la trouvait sur les monnaies,
comme dans
la figure No1,
de la gravure ci-jointe (cliquer
pour voir la figure); et en Etrurien et
en Copte, comme dans les figures
No2et3.(cliquer
pour voir les figures) Le Tau mystique
était marqué au moment du baptême sur
le front de ceux
qu'on initiait aux mystères
1et
on l'employait de bien des manières différentes
comme le
plus sacré des symboles. Pour identifier Tammuz avec le
soleil,
on le joignait quelquefois au cercle du soleil, comme dans le numéro
4 (cliquer
pour voir la figure), quelquefois on
le
plaçait dans le cercle 2,
comme dans le numéro
5
(cliquer
pour voir la figure). Peut-être
la
croix de Malte que les évêques romains ajoutent
à leur
nom comme symbole de leur dignité épiscopale
n'est autre
chose que cette même lettre; cependant on peut en douter.
Mais ce
qui est hors de doute, c'est que cette croix de Malte est un symbole
formel
du soleil; car Layard l'a trouvé à Ninive comme
un emblème
sacré, et il n'a pas pu faire autrement que de l'identifier
avec
le soleil 3.
Le Tau
mystique, symbole de la grande divinité,
était appelé le signe de vie; on le portait sur
le coeur
comme une amulette 7;
on le reproduisait sur les vêtements officiels des
prêtres,
comme sur ceux des prêtres de Rome;
les
rois le portaient à la main, comme signe de leur
dignité
ou de l'autorité qu'ils tenaient de la divinité.
Les
Vierges Vestales de la Rome païenne le
portaient suspendu à leurs colliers, comme le font
aujourd'hui les
religieuses 8.
Les Égyptiens faisaient de même, et plusieurs des
nations
barbares, avec lesquelles ils étaient en rapport, le
faisaient aussi,
comme le témoignent les monuments Égyptiens.
Parlant des
ornements de quelques-unes de ces tribus, Wilkinson dit «
La ceinture
était parfois richement ornée : hommes et femmes
portaient
des boucles d'oreille; souvent ils avaient une petite croix suspendue
à
un collier, ou au col de leur vêtement. »
Cette dernière
coutume ne leur était pas spéciale; cette croix
était
aussi attachée ou peinte sur les robes de Rotnno, on peut en
voir
des traces dans les ornements de luxe de Rebo, ce qui montre qu'elle
était
déjà en usage au XVe
siècle avant
l'ère
chrétienne 9.
